Aimee Mann "Lost in space"

aimee mann-lost-in-space   C’est la partie ingrate du métier : quand on n’a pas de coup de coeur (ce qui est jouissif) ni de coup de gueule (plaisir jouissif de « descendre » un album, y compris avec mauvaise foi, surtout si c’est un artiste que tout le monde encense à tort), on doit parfois dire quelque chose mi chèvre-mi chou à propos d’une artiste qui ne vous a rien fait du tout, à propos d’un album envoyé par une maison de disque contre qui on a aucun grief. C’est le jeu.

   Difficile donc de s’attacher à cette country-folk un peu électrifiée, à laquelle le producteur Michael Lockwood a rajouté quelques « sons de l’espace » (notamment sur « Real Bad News ») qui donnent leur nom à cet album. Même si Aimée Mann a une voix pas mal, il manque un peu de folie. Et ce ne sont pas les paroles de ce quatrième album, qui traitent du thème de la dépendance (Aimée est parait-il, fan de psychologie) qui y changeront quoi que ce soit. Moins énigmatique que Tarnation, moins sophistiquée que Suzanne Véga ou Tori Amos, Aimée Mann, ne convainct qu’à moitié, c’est à dire principalement sur les cinq derniers titres, comme « Invisble ink », à la production un peu plus sobre : une guitare, une voix, parfois quelques cordes discrètes. Comme quoi il n’y a pas besoin d’aller chercher bien loin dans l’espace… ce qu’on a sous la main.

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Jean-Marc Grosdemouge

Aimee Mann « Lost in space », 1 CD (Super Ego Records/V2), 2002

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