Anat Fort "A long story"

   Si le jazz fait la part belle aux chanteuses (on en connait des myriades, toutes uniques), le sort réservé aux instrumentistes n’est pas le même : si la regrettée Alice Coltrane ou Carla Bley ont su se faire un nom aux côtés de leurs confrères, la relève n’est pas des plus fournies.

anat-for   De même chez ECM, le personnel de studio est surtout masculin. Sauf qu’Anat Fort est une demoiselle. Il est des pianistes éthérés, qui aiment à se perdre dans d’evanescentes abstractions, et d’autres qui préfèrent la robustesse des mélodies. L’Israélienne Anat Fort privilégie cette dernière approche. Si en compagnie de ses musiciens (dont Ed Schuller, à la contrebasse efficace), elle se permet quelques soli, mais c’est toujours en collant au plus près des lignes mélodiques, sans dévier vers de vastes improvisations qui la détournerait du sujet (un jazz subtil, précis, pointilleux dans son genre… classe), laissant plutôt ce plaisir à Perry Robinson (clarinette, ocarina). Avec ces compositions signées par elle (dont une, « Chapter two », co-écrite avec Perry Robinson), Anat Fort nous mène donc sans détours inutiles vers le plaisir. Un plaisir simple, comme cet album enregistré à New York.

   Comme Martin Speake sur « Change of heart » (voir notre article), Anat Fort a réalisé son rêve pour enregistrer son premier album : entrer en studio avec l’un de ses mentors, le batteur Paul Motian. Anat Fort qui se dit fan de Bill Evans, Keith Jarrett, Paul Bley, ainsi que la plupart de la musique enregistrée sur ECM (comme on la comprend). Cela s’entend, félicitations.

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Jean-Marc Grosdemouge

Anat Fort « A long story », 1 CD (ECM/Universal), 2007

Infos : www.ecmrecords.com

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