Antonello Salis & Joey Baron "Keys and skins"

salisVoici encore une rencontre improbable comme on les aime, rendue plausible par un directeur artistique : sur la pochette, le pianiste et le batteur posent, la banane vissée aux lèvres, comme deux larrons en foire. Notez que le batteur a l’air bien sérieux, tout de noir vêtu, alors que son aîné pianiste est habillé comme un djeuns : casquette rose (retournée façon caillera), T-shirt orange, jean et pompes sport… Dans sa dégaine cool, l’américain laisse transparaître ce qui fait l’originalité de son jeu derrière les fûts : ça groove, c’est inventif, éruptif. D’ailleurs, c’est sûrement lui qu’on entend éructer de plaisir, à l’occasion, sur quelques titres. Habitué à la compagnie de Bill Frisell, il a l’air tout à son aise en compagnie d’Antonello Salis et de son piano (parfois préparé d’ailleurs) et l’on savoure ces compositions nerveuses et racées. Si vous regardez bien encore une fois la pochette, vous verrez que le pianiste est sur le tabouret du batteur et qu’il a laissé son siège à ce dernier. Cela en dit long aussi sur la musique qui se joue là.

***

Jean-Marc Grosdemouge

Antonello Salis & Joey Baron « Keys and skins », 1 CD (CamJazz/Harmonia Mundi), 2008

Infos : www.camjazz.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *