Atone "Un an"

   Chacun a son petit caractère. Certains sont proprement terre à terre, ne pensent que carrière et sous, d’autres sont de doux rêveurs, la tête toujours dans les nuages. En musique, Antoine Monzonis-Calvet fait partie de la deuxième catégorie, ça ne fait aucun doute.

atone cd   S’il s’exprime parfois au sein de formations (ADS[R], Amnésie), en solo, sa nature profonde s’affirme sans filtre : Antoine semble appartenir à la race de ceux qui aiment et savent planer. D’ailleurs, l’album d’Atone commence comme un souffle, un peu à la manière de « Mother », le long opéra drum and bass que Goldie a composé en 1997 en hommage à sa mère sur l’album « Saturnzreturn ». Et il embarque l’auditeur simplement, sans jamais lui dire « je vais faire de la musique, là, attention les oreilles, je vais vous épater ». « Un an », c’est un peu comme un copain qu’on croiserait le soir dans la rue : on va faire le tour du pâté de maisons ensemble pendant un quart d’heure, pour tuer le temps, et puis on marche, on marche et l’on comprend que le copain en question ne rentrera pas chez lui, car il a tout bonnement fait une fugue. Bien sûr, on pourrait parler d’électronica bucolique mais ce serait encore bien trop réducteur, ou vanter la présence d’instruments acoustiques dans cette musique, mais ce serait encore comme capturer un papillon pour le mettre sous cadre, or un papillon qui ne vole pas, quoi de plus moche ?

Or, la musique d’Atone est tout sauf atone, elle vibre. Alors on en revient à la fugue pour parler de cette petite musique de nuit. Fugueuse : voilà le meilleur adjectif pour décrire cette musique qui a jeté ses oeillères bien loin, pour aller se ballader. Et qui a la gentillesse de nous prendre par la main pour nous emmener avec elle dans un dédale de sons caressants.

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Jean-Marc Grosdemouge

Atone « Un an », 1 CD (Autres Directions In Music/ La Baleine), 2006

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