Badly Drawn Boy "The Hour of the Bewilderbeast"

Badly_Drawn_Boy_-_The_Hour_of_the_Bewilderbeast   Dieu merci, il existe encore des musiciens touche-à-tout de génie, dont les chansons, composées de l’année, ont un petit parfum de classique. Sur le premier morceau, « Shining » et son violoncelle baroque, déjà on s’interroge, on hésite : s’est-il inspiré d’un thème classique, ou arrive-t-il lui même, et ce malgré son jeune âge, à trousser des mélodies subtiles et gentiment maniérées comme on n’en fait plus ? Eh bien non, Damon Gough n’a pas pompé : l’explication, c’est tout simplement qu’il a beaucoup de talent. Tellement talentueux qu’il signe en un premier opus l’un des albums les plus marquants de 2000, qui va mettre les concurrents très loin derrière lui. Un album qui risque de créer des vocations, et qui va inspirer la concurrence : de même que « Blue Lines » de Massive Attack ou « Pet Sounds » des Beach Boys sont devenus des puits auxquels de nombreux musiciens sont venus s’abreuver, « The Hour of the Bewilderbeast » fera date. S’il fallait trouver un Beck européen, nous le tenons : c’est bien cet anglais, cofondateur avec Andy Votel du label Twisted Nerve. Car les titres s’enchaînent, tous prenant, et dépaysant, et Badly Drawn Boy nous emmène avec lui. Cet album fourmille de bonnes idées à la pelle, d’arrangements, et de trouvailles en veux-tu-en-voilà.

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Jean-Marc Grosdemouge

Badly Drawn Boy « The hour of the bewilderbeast », 1 CD (Twisted Nerve/XL Recordings), 2000

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