Barbara, dix ans déjà

Deux livres sortent à propos de la Longue Dame Brune, disparue le 24 novembre 1997. Barbara avait dit « je ne suis pas une grande dame de la chanson, je suis une femme qui chante ». Propos fort bien compris par Jean-Dominique Brierre, qui livre une bio sensible, et par Didier Millot, qui nous permet de plonger dans ses manuscrits.

Jean-Dominique Brierre « Barbara, une femme qui chante »

Elle a quitté un homme parce qu’il avait osé s’asseoir sur son tabouret de piano, aimait se promener dans les villes la nuit mais considérait le soleil comme une offense, avait deux loges dans les théâtres dans lesquels elle se produisait, et possédait un humour à toute épreuve : en plus d’être une chanteuse remarquable – ce que l’on savait déjà – on découvre un personnage assez exceptionnel dans cette biographie. En tout cas, c’est bien à la chanteuse que s’intéresse l’auteur : pour preuve ce livre (qui ressort en version augmentée à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Barbara) ne commence pas par l’enfance de Monique Serf, mais par les débuts de la chanteuse – non pas à l’Écluse, quai des Grands Augustins à Paris (la mythique « chanteuse de minuit ») – mais à Bruxelles. On découvre que Barbara avait des idées hors-normes (elle considérait qu’être religieuse, putain ou chanteuse étaient trois métiers qui se ressemblaient beaucoup) et ses paradoxes. Dans « Mon enfance », elle chantait « Il ne faut jamais revenir au temps caché des souvenirs » mais, comme l’explique Brierre, « ce refus du passé est constamment démenti par le reste de l’oeuvre ». Ainsi, on découvre le père derrière « Nantes » ou la mère de Barbara derrière « Rémusat ». Et elles sont légions ces références discrètes à sa vie. Qu’il analyse ses amours (« j’ai passé plus de temps sur les planches que dans les bras d’un homme » disait Barbara, qui n’a jamais eu d’enfant mais beaucoup d’histoires, toutes sincères) ou sa carrière, Brierre livre un portrait sensible de la longue dame brune.

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Didier Millot « Et je signe… Barbara »

Président de l’association Barbara Perlimpipin, Didier Millot dispose d’un vaste fond documentaire sur la chanteuse. Aussi, c’est par le prisme des chansons-phares (« Göttingen, « Nantes », « L’Aigle Noir », « Lily Passion ») qui passent pour mettre en valeur certains aspects de la vie de la longue dame brune, sans souci de respecter une chronologie au cordeau. On fait des allers-retours dans le parcours de Barbara et, surtout, on plonge dans les secrets de ses textes, des coulisses de ses spectacles, et l’on a accès à sa correspondance. Une discographie très complète, qui ravira les collectionneurs, termine cet ouvrage illustré en couleurs.

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Jean-Marc Grosdemouge

Jean-Dominique Brierre « Barbara, une femme qui chante », ed. Hors Collection, 2007, 210 pages.
Didier Millot « Et je signe… Barbara », ed. Artena, 2007, 138 pages.

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