Beck "Guero"

beck   Ce n’est pas un hasard s’il y a quelques années, Beck Hansen a appelé l’un de ses albums « Mutations ». Car de mues en mutations, cet artiste a toujours joué la carte de la réinvention, offrant un caractère protéiforme à ses chansons.

Dit plus vite : Beck n’attend pas d’être remixé ou repris par d’autres pour parer ses compositions de costumes divers, comme un gamin qui s’amuserait à changer la tenue son Big Jim trente fois par heure. On l’a connu par exemple pop (« Odelay »), funky (« Midnite vultures ») ou inspiré par Serge Gainsbourg (« Sea change »). « Guero » le voit évoluer tel quand lui-même : en blanc-bec angeleno. Ce retour au pré carré californien lui permet de signer un album très personnel : il semble avoir enfin trouvé son style en compagnie des Dust Brothers. Un style -pourquoi pas-qu’il n’aura pas envie de délaisser sur sa prochaine livraison. Ce serait souhaitable, car même si depuis son tube « Loser » son personnage de caméléon nous l’a rendu attachant, on aimerait qu’il « fixe » le son de ses disques. Que l’aiguille de la boussole arrête de tourner sans cesse comme une folle. Or il y a quelque chose dans ces chansons hispanisantes et dans ces rythmiques hip hop qui nous fait penser que c’est le vrai Beck -tout nu comme le Big Jim entre deux essayages- que l’ont tient ici.

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Jean-Marc Grosdemouge

Beck « Guero », 1 CD (Geffen/Universal), 2005

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