Benga "Diary Of An Afro Warrior"

Benga_-_Diary_of_an_Afro_Warrior_coverQue c’est fascinant de découvrir les premiers soubressauts d’un nouveau genre musical ! Depuis le trip hop et la jungle, on n’avait que trop vu se succéder les revivals, avant qu’enfin, le dubstep n’apparaisse, né d’ailleurs de ce formidable mouvement un peu trop méconnu qu’est la jungle.

Le big bang du dubstep est encore tout récent, mais les galaxies commencent à se mettre en place avec des noms comme Skream, ou Kode9. Si l’on a connu la lune (noire) de Burial, voici le soleil Benga. Un soleil de plomb, et parfois plombé. Arrivant avec un talent sans pareil à planter en quelques mesures des climats étranges, le Londonien (Croydon, au sud-est de la capitale anglaise pour être plus précis), déjà auteur de « Newstep » il y a deux ans ce qui ressemble à un frère de « New Forms » de Roni Size, prêt pour partir en boite bien sapé, alors que « Untrue » de Burial peut être considéré comme le cousin dubstep de « Dummy », avec sa tristesse franchement assumée « nan, je sors pas ce soir, je suis de trop mauvaise compagnie ». « Crunked Up » évoque même le « Frank sinatra » 2000 de Miss Kittin & The Hacker. Car Beni Uthman est le roi de la basse énorme, de la rythmique vicieuse et du son qui tue, mais son forfait, ce guerrier afro le commet sur le dancefloor, sous les flash des stroboscopes.

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Jean-Marc Grosdemouge

Benga « Diary Of An Afro Warrior », 1 CD (Tempa/La Baleine), 2008

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