Bertrand Betsch "B.B. Sides"

     Au début, il n’y avait pas un projet personnel de Bertrand Betsch de faire un album de reprises. Il y avait un projet maison chez Lithium : celui d’un album-compilation de reprises multi-artistes. A chaque artiste du label, il a été demandé de livrer la version d’une chanson qui lui plaisait. La compilation envisagée un temps est tombée à l’eau, mais Bertrand Betsch, qui avait préparé plusieurs reprises pour l’occasion, n’a pas voulu perdre son travail.

Capture d_écran (6)     Il y a vu l’occasion de sortir un nouvel album.Voici donc le pourquoi de ces « BB Sides ». Betsch y reprend donc des artistes internationaux : Leonard Cohen (« Nancy »), Phil Spector (« To know him is to love him »), Lou Barlow (le court « Punch in the nose », moins de deux minutes au compteur) mais aussi Mendelson (« Bientôt niveau zéro », morceau qui semble joué sous tranxène, et qui voit la participation de Pascal Bouaziz). Il est tout de même amusant, pour ne pas dire piquant, de constater que Bertrand Betsch n’a repris que deux artistes français… deux artistes de son label.

   A croire que l’univers musical du chanteur se restreigne au catalogue Lithium en matière de chanson française ? Deux français, deux Lithium : Mendelson, on l’a dit, et Dominique A. C’est en effet « Le folie des hommes », écrite par le sieur Ané du temps de « La fossette » qui ouvre cet album. « La folie des hommes » version Betsch n’est plus une miniature fragile d’un homme blessé, c’est un brûlot aux accents punks. Une vengeance. Quand Dominique A chantait « j’oublierai ma rancune », Betsch, lui; chante en revanche « je garderai rancune ». Et quand Betsch crie « rancune » à tue-tête à la fin de la chanson, on croirait vraiment qu’il chante « enculé ». La suite de l’album est plus calme, et Bertrand Betsch a même collé sa musique sur des paroles de Paul Eluard (Sinon, il n’y aurait rien). On passera sur les deux instrus, peu intéressants. A noter en revanche une chanson co-écrite avec Charles d’Orléans (a-t-il emprunté un texte ancien, écrit par un roi ?) : « Dodo », une sorte de comptine ou berçeuse pop du plus bel effet.

     Avec quatre covers, qu’il s’approprie comme bon lui semble, et neufs compositions personnelles, ces « B.B. Sides » sont 100 % Bertrand Betsch. Et à 100% dans la lignée de ce qui fait le charme et la valeur du label coaché par Vincent Chauvier : une certaine idée de la chanson française. De la pop hexagonale de bon goût.

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Jean-Marc Grosdemouge

Bertrand Betsch « B.B. Sides », 1 CD (Lithium/Labels), 2001

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