Brian Wilson au Grand Rex, Paris, mardi 26 juin 2007

Brian Wilson

Il était de retour : le génie des Beach Boys, Brian Wilson était à Paris, trois ans après son passage à l’Olympia. Et rien n’a vraiment changé : les peoples dans la salle (Mischka Assayas, Christophe Conte, Philippe Manoeuvre ou Didier Wampas, plus Yann Moix) et la star du soir… notre homme, comme à son habitude, se présente toujours sur scène en bas de jogging noir, baskets blanches et polo rayé tout simple, se pose derrière son clavier pour ne presque plus en bouger.

Si en avril 2004 on avait évoqué une fusée à deux étages pour qualifier son concert (premier étage : de vieux hits ambiance feu de camp, deuxième étage : la découverte du majestueux « Smile »), on parlera de culbuto pour le concert de ce soir : d’abord le culbuto se lève avec quelques belles chansons (« Catch a wave » et son refrain « And when you catch a wave you’ll be sittin on top of the world… », « Hawaï », « In my room », « Surfer girl ») puis un moment que Wilson qualifie de rock (« Wendy », « Do you wanna dance ? », « I get around », « Sail on sailor ») avant que le culbuto tombe avec les titres extraits de « Pet Sounds » : si « Sloop John B » et « Would’nt it be nice » séduisent, l’interprétation de « God only knows » déçoit : comme il y a trois ans (et sur les mêmes paroles si je m’en souviens bien), la voix de Brian se casse et ce dernier nous gratifie d’une toux fort déplaisante.

Il y a trois ans, on avait cru à un incident, limite du genre mythique (« tu sais, un jour j’ai entendu Brian Wilson tousser sur ’God only knows ») mais il faut donc constater que l’auteur de cette superbe chanson ne sait plus l’interpréter comme il faudrait. Une version piano-voix ou piano-guitare serait peut être plus appropriée. Car il n’arrive pas toujours à suivre son groupe dans les harmonies vocales, Brian. Heureusement, « Caroline no » est fort réussie, avant un « Heroes & Villains » très entraînant. Passé les instants de doute, le culbuto se relève donc avec entre autres « California Girls », « Good vibrations » (qui lève toujours une vague humaine des fauteuils), et un rappel sans faute : « Johnny be good », « Help me Rhonda », « Barbara Ann », « Surfing USA » et « Fun fun fun ». Encore un « Love and mercy » et c’est fini.

Wilson a désormais deux choix : réorchestrer ses chansons pour les interpréter de manière à être en adéquation avec ses capacités vocales, ou continuer à les interpréter comme autrefois, avec une cavalerie d’instrumentistes (dix au total), ce qui rend parfois l’exercice aproximatif. Pour l’instant, c’est la deuxième solution qui a ses faveurs. Heureusement que dans ses performances live les bons moments (ils sont nombreux) compensent ceux qui le sont un peu moins.

Jean-Marc Grosdemouge

 

 

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