Claude Nougaro, le jazz sur le bout des doigts

Claude Nougaro, le jazz sur le bout des doigts

Universal s’apprête à sortir une plantureuse intégrale du poète swinguant born in Toulouse. Il était temps. Y figureront deux lives tous deux enregistrés dans sa ville natale. Le double “Une voix, dix doigts” en fait partie.

La voix, c’est celle de Nougaro, impérial et félin de bout en bout, les doigts sont ceux du pianiste de jazz Maurice Vander (le père de Christian, du groupe Magma). Enregistré à Toulouse par Mick Lanaro (déjà responsable de “Sheller en solitaire” quelques mois auparavant), ce tour de chant est ponctué des applaudissements des “pays” venus entendre l’enfant chéri de la ville rose.

Même quand il parle, au tout début du récital, sa voix swingue : “Je suis venu évidemment pour vous chanter une petite rronde… enfantineu, de mes chansons anciennes” annonce Nougaro. Les succès défilent, et les thèmes aussi : les femmes (“Une petite fille”, “Un été” et la petite Paquita, “A tes seins”, “Les Don Juan”), le cinéma (“Chanson Pour Marylin”), la poésie (“Rimes”, “Les mots”, ou “Chanson pour le maçon”, hommage à Jacques Audiberti).

Partout, l’amour du jazz transpire : dans les titres (“Le jazz et la java”, “Armstrong”) ou les musiques (des reprises de Thelonious Monk sur “Autour de minuit”, Sonny Rollins sur “A tes seins”, Dave Brubeck sur “A bout de souffle”, et des mélodies de Michel Legrand, Richard Galliano ou Aldo Romano). L’harmoniciste Toots Thielemans vient jouer sur “Tendre”. Avec cet album, nous allons donc respecter la volonté de Nougaro : “Dansez sur moi, le soir de mes funérailles”.

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Jean-Marc Grosdemouge

Claude Nougaro, “Une voix, dix doigts”, 2 CD (Phonogram), 1991

Jean-Marc Grosdemouge