Daniel Hélin "Les bulles"

helin     Avant de virer dans la beauferie rock (Shaka Ponk) ou les minets à guitare (Vianney), Tôt ou Tard était unb label vraiment innovant, qui osait signer des chanteurs hors normes, comme le Belge Daniel Hélin.

     Tôt ou tard ressort l’album du belge Daniel Hélin, sorti il y a plus d’un an outre-Quiévrain. Un album qui oscile entre chanson jazzy-cabaret et ambiances fanfares. Les fanfares, justement : sont-ce une influence indirecte des ducasses, des fêtes de village du Nord ? Possible, et si l’on s’amuse dans les kermesses, Hélin s’amuse dans ses chansons. Il évoque la bonne chère, ou le sexe (mais sans grossiereté), et chante comme on prophétiserait : les mots sont sculptés, les textes sensés, et la voix habitée.

     « Les bulles » est un disque de bon vivant : Hélin va souvent chercher ses références dans la nourriture. Pas de doute, les bulles sont celles du champagne, dont il est question sur les deux premiers titre de l’album. Cet album est sensuel (les paroles de « Clarisse » sont très sexe tout en restant très convenables), et l’on conseille pour mieux faire connaissance avec les chansons qui le composent de découvrir l’univers de Daniel Hélin sur scène. Ses chansons y sont nues et foutraques, beaucoup moins travaillées que sur album, mais il n’y a aucun groupe : c’est seul qu’Hélin nous présente ses chansons. L’artiste (il est aussi comédien et metteur en scène), véritable star en Belgique, retrouve sur la scène du Zèbre la fraicheur d’un jeune artiste inconnu, ce qu’il est dans notre pays.

     Hélin transforme chaque prestation live en un véritable happening : il déclamme des chansons, oiu les interprète a cappela, s’accompagne de trois guitares différentes (de la plus grosse, à la plus petite, aux sonorités hard). Il chante le cochon (se définissant lui-même avec humour comme un « goret »), la limace ou la vache, plaisante, parle de vie et de mort avec une simplicité déconcertante et un un humour… à toute épreuve. Un humour qui lui permet de faire passer quelques messages, comme l’antimilitarisme. En pleine guerre d’Irak, cette liberté d’expression revendiquée et utilisée à bon escient fait plaisir. La seule difficulté, c’est de percer… Wally, dont l’humour et la dégaine toute en rondeur font penser à celle de Hélin, a commencé sa carrière il y a plusieurs années chez Boucherie Productions avant de commencer à faire parler de lui cette année. Souhaitons à Daniel Hélin que ce chemin soit moins long à parcourir que pour Wally l’aveyronais.

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Jean-Marc Grosdemouge

Daniel Hélin « Les bulles », 1 CD (Tôt ou Tard/Warner), 2003

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