David Whitaker "The David Whitaker Songbook"

     Avec cette compilation des meilleurs morceaux composés et/ou arrangés par l’anglais David Sinclair Withaker, on est en plein dans la quintessence de la pop la plus sublime et la plus raffinée. C’est que ce monsieur signe des arrangements de cordes impeccables.

david w     Si vous savez vous laisser émouvoir par la belle musique, écoutez d’urgence ce disque Tricatel issu du « Musée Imagiaire » que lance le label français. Histoire sûrement de rendre hommage à tous les créateurs qui ont inspiré, de près ou de loin, Burgalat et sa clique. Au menu ne figurent que des bonnes choses : on commence par « The Last time » des Rolling Stones version symphonique (dûé au Andrew Oldham Orchestra), titre qui fut samplé en 97 par The Verve sur « Bitterswet symphony ».

     Il y a aussi des B.O. de films (plusieurs extraits de « Run wild, run free » et un titre de « Harry, un ami qui vous veut du bien »), et quelques intérprètes : Lee Hazlewood (« What’s more I don’t need her »), Marianne Faithfull (« Plaisir d’amour »), Nico (le poignant « I’m not saying »), et quelques français. Si France Gall (« Chanson indienne ») et Air (« Remember ») sont des noms connus, celui de Long Chris l’est moins.

     Pourtant, il y aurait de quoi : Christian Blondiau, star des yéyés dans le temps, est un grand pote de Johnny Halliday, et sa fille Adeline a été mariée à l’idole. Long Chris chante (avec un maximum de pathos) « La fille de l’hiver », un titre arrangé par David Whitaker. C’est une version un peu guimauve de la petite fille aux allumettes. On ne sait pas vraiment quoi en penser : est-ce un peu nunuche ? Tellement kitsch que c’en est sublime … ou est-ce totalement ridicule ? Ceci dit, c’est le seul titre de ce recueil qui interroge.

     Tous les autres titres séduisent d’emblée, sans autre forme de procès, et on s’attache très vite à cet univers sonore un peu daté, mais en même temps très intemporel, comme les comédies musicale des Jacques Demy ou celles avec Gene Kelly. Même si on est jeune, et qu’on n’a donc pas connu la musique avant les années 80, l’univers de Whitaker (qui a collaboré avec Etienne Daho, Zazie ou sur les « 10 commandements » ces dernières années) est une madeleine de Proust sonore qui se déguste avec avidité.

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Jean-Marc Grosdemouge

David Whitaker « The David Whitaker Songbook », 1 CD (Tricatel/Wagram), 2002

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