Les débuts de Jeanne Cherhal

Dans la famille « chanson », Jeanne Cherhal, c’est la grande sœur qui paraît un peu évaporée du bocal qu’on rêve tous d’avoir, l’originale de la famille, celle qui a des idées sur tout et le courage de la ramener durant les repas de famille.

Les chansons de cette Nantaise au frais minois sont drôles, sa voix marrante (parfois stridente) et pleines d’originalité : faire une chanson avec pour refrain « un trait : danger, deux traits : sécurité » (vous savez les panneaux, sur l’autoroute) sans avoir l’air ridicule, quel tour de force !!!

Mais Jeanne Cherhal n’est pas que drôle : elle peut émouvoir quand elle raconte dans Mme Suzie, l’histoire de Jean-Louis, 26 ans, à qui son père dit : « Jean-Louis un de ces quatre midis / Faudrait que tu ramènes ici / Avec toi ta petite amie / Faudra nous présenter une fille ». Mais Jean-Louis aime un garçon. Pas facile de faire son outing. C’est l’occasion pour cette jeune artiste d’écrire un belle chanson, en tout cas. Cette jeune chanteuse n’a pas enregistré son premier album dans un studio, mais tout simplement capté l’un des concerts qu’elle a donnés à Nantes. A Paris, elle a partagé pendant plusieurs soirs l’affiche de l’Européen avec Vincent Delerm, en mai 2002.

Au piano, en solo, ou à l’accordéon, ce fut une jubilation de chaque instant de la voir. Un instant de poésie et d’intelligence. Des textes poétiques et intelligents, c’est possible, ceux de Jeanne en sont la preuve. Un plaisir que l’écoute de ce disque prolonge.

**

Jean-Marc Grosdemouge

Jeanne Cherhal « Jeanne Cherhal », 1 CD (Tôt ou Tard/Warner), 2002

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *