Dieu, la science, José Artur et moi

   Ce matin, j’ai demandé au service de presse de France Inter des photos d’animateurs qui ne sont plus à l’antenne : Philippe Meyer, Lenoir, Eric Hauswald, Laurent Lavige… En fait, en compulsant les archives de M-la-Music.net, je suis tombé sur la rubrique « radio » et pas mal d’articles que je vais republier, histoire de…

   Dans cette rubrique j’interviewais tous les gens qui parlaient de musique, en espérant que moi aussi, un jour peut être, qui sait, j’arriverais sur l’antenne. Ce qui m’est arrivé deux été, la nuit, vous n’en avez sûrement pas entendu parler et c’est normal car je n’étais qu’une présence, qui se voulait rassurante pour l’auditeur, une voix en direct dans la nuit, rien de plus, à une époque ou le service public se payait encore le luxe d’offrir un cachet à un animateur comme moi pour ce genre de choses.

   A cette époque, j’animais M-La-Music.net, site disparu depuis, et j’avais une obsession : être repéré, piger, accéder à des titres de presse prestigieux. Aujourd’hui, avec Epiphanies, je suis comme les peintres qui peignent parce qu’ils ne sont bon qu’à ça et qui peignent même si personne ne leur achète leurs toiles. J’écris même si personne ne m’achète d’articles. Etre lu par vous me suffit bien. Pour le reste, la Providence sait où me trouver si elle a des projets pour moi.

   J’ai donc publié ce jour sur Epiphanies un papier sur José Artur. Vous ne l’avez pas vu en une car je l’ai, comme je peux le faire (c’est beau la technique) antidaté. Comme les chèques. Pour cet article, je me suis rendu un soir de semaine au Fouquet’s, vers 1997-98, j’ai assisté à l’émission puis interviewé mon maître. Je tenais le micro et il s’amusait à parler, parler, parler et parler encore pour me voir tendre le bras. je n’en pouvais plus de ces paroles, paroles » comme chantait Dalida, et en même temps je savourais. Marion, une amie qui travaille à Inter m’a taquiné il y a peu : bien fait, on trouve toujours plus fort que soi. Artur était drôle, et je pardonne beaucoup aux gens qui sont drôles.

   Ce papier, je l’ai fait à l’époque où je bossais gratos pour Infrarouge, journal sui a peu à eu cessé de faire appel à moi quand les sous sont rentrés dans les caisses. C’est la vie. José Artur était un grand bavard et je partage ce « défaut » avec lui, même si en radio, c’est une qualité. Il a aussi fait procès à Radio France (l’a-t-il gagné ? je ne le sais mais moi j’ai perdu) mais il est revenu sur l’antenne ensuite. Je ne sais comment cela se fera mais je sais au plus profond de moi même que je reviendrai à l’antenne de radio France. Mon cercueil ne voudra pas se refermer sur moi sans cela.

   En attendant, avant-hier, je finissais de bouquiner « Dieu et la science » de Jean Guitton et les frères Bogdanov, au crépuscule, au bord du bassin des Tuileries, les nougats à l’air… Et ce matin, à l’aube, à l’heure où canicule oblige- ne blanchit pas la campagne, mes sont venues ces quelques phrases que j’ai notées sur mon calepin : les choses peuvent exister, des événements se dérouler, si je n’en prends pas conscience, cela ne me sert à rien. Si je ne prends pas conscience de l’amour de Dieu pour moi, cet amour n’existe pas. Ou pour préciser : il existe dans la réalité de Dieu (Dieu manifeste son amour, c’est essence même de le rayonner) mais pas dans ma réalité à moi, qui ne suis pas capable de recevoir cet amour-là. Vivre en conscience, c’est se rendre capable de vivre dans l’amour de Dieu. Et tenir un site, juste pour s’émerveiller des créations artistiques et littéraires…

Jean-Marc Grosdemouge

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