DJ Shadow "Live ! In tune and on time"

   Enfin, le show avec lequel DJ Shadow a tourné en 2002 est disponible en DVD. Pour avoir assisté deux fois (à Paris-L’Elysée Montmartre et à la Route du Saint Malo) à cette performance faite de platines et de projections video (sur trois écrans placés côte à côte derrière Shadow) et y avoir goûté à nouveau tranquillement assis dans un canapé, on peut dire que c’est le genre de choses à voir.

Dj-Shadow-DVD-300   Comme il n’est pas pingre, Shadow a aussi pensé à inclure dans ce coffret un CD qui reprend la plupart des titres de ce live. Ce live est un hommage au vinyle. Les images projetées pendant « Fixed income » montrent un saphir glissant sur le sillon d’un disque posé sur une platine. Et pour l’avoir attendu à la fin de son concert parisien afin de lui demander un autographe (qu’il m’a accordé), je peux vous assurer, après avoir vu le rangement du matériel de tournée, que la flightcase qui contient les précieuses galettes du disc jockey voyage dans le bus, près de l’artiste, et non en soute. Shadow puise dans sa pile de disques, et dans ses albums (« Endtroducing », « The Private Press ») mais aussi dans les productions Quannum (son label) ou le premier album d’Unkle (« Guns blazing », « Lonely soul ») pour composer une setlist où les tubes (« Stem », « Organ Donor », « Midnight in a perfect world », « Six days ») et les titres revisités se suivent sans temps mort. Notre turntabilist préféré scratche et manie ses machines avec dextérité, mais ne tombe pas dans la technique de deejeaying absconse (ce qui a pu lui être reproché par le passé) mais se révèle en fait un serviteur zélé du groove et des ambiances tantôt trépidantes, tantôt oniriques, comme l’intro de cordes sur « Six days », qui évoque la bande originale d’un vieux film hollywoodien des années 50. En revanche, Shadow se donne toute latitude pour remodeler certaines compositions : ainsi il injecte quelques mesures de « Bloodstain » (Unkle) dans un de ses titres personnels. En cinq actes (chaque acte est une enfilade de titres) et un rappel, sur la scène de la Brixton Academy de Londres, le Californien Josh Davis prouve que le hip hop instrumental est une aventure fascinante. Et l’on n’en est qu’au début. Enjoy yourself.

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Jean-Marc Grosdemouge

DJ Shadow « Live ! In tune and on time », 1 DVD et 1 CD (Island/Universal), 2004

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