Ed Harcourt "Here be monsters"

   Les premières notes de cet album ne sont pas sans évoquer le célèbre « No surprises » de Radiohead : on l’a compris, on a à faire à un songwriter qui s’y connaît, et qui n’a rien à envier au célèbre quintette d’Oxford.

ed harcourt he be   Ed Harcourt, donc, en jeune homme inspiré, qui pose sa voix un peu éraillée sur quelques chansons, et le temps s’arrête un instant… Que ceux qui ont aimé le premier Coldplay se ruent sur cet album, ils ne seront pas déçus. Le style d’Ed Harcourt fait penser à celui du trop méconnu Ben Folds, qui manie le piano comme peu savent le faire. Il sait aussi convoquer des cordes pour créer des ambiances classes comme on n’en fait plus.

   Dommage en revanche que sur scène, ce jeune homme qu’on imagine poli (il est fils de diplomate, ça forge les bonnes manières) et qui paraît si bien élevé à travers ses chansons, soit un personnage d’un tout autre ordre : ceux qui l’ont vu se présenter en T-shirt rose framboise « Buthole Surfers » (« surfeurs du trou du cul ») au Divan du Monde, lors du récent festival Les Inrocks-Orange, une bouteille de rouge à la main auront été un peu surpris par sa dégaine… De même, quand il finit son set en martyrisant son clavier, on ne croit pas avoir affaire au même qui signe des mélodies raffinées sur « Here be monsters », comme sûr le superbe « God Protect your soul » (voir vidéo ci-dessous).

   C’est donc à cet album de pop gracile, gracieuse et raffinée, qu’il faut revenir. Ed aurait-il deux visages ? Un mignon sur disque, l’autre de diablotin sur scène ? Il a pour sûr un fichu talent, et pour cela, il lui sera beaucoup pardonné.

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Jean-Marc Grosdemouge

Ed Harcourt « Here be monsters », 1 CD (Heavenly/BMG), 2001

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