Hypo "Karaoké a capella"

   « Karaoké. » On s’interroge… « A capella » On s’interroge encore… Est-ce bien un disque d’électronica auquel on a affaire ?

hypo kara   Oui, et à une electronica inventive, qui colle voix et bruits, alterne moments en apesanteurs et beats acérés, quelques notes enfantines qu’on croirait jouées sur un tourne-disques Fisher Price. Certains titres sont chantés, on pense parfois à de la cold wave nouvelle mouture, pas celle qu’on faisait avec des guitares dans les années 80. Non, celle qu’on peut faire aujourd’hui sur ordinateur. De bric est de broc.

   La musique d’Hypo est faite de bric et de broc, de sons trouvés ci et là, de boucles sur synthé (Bontempi), de bruits divers, de violoncelle. C’est un mille-feuille : tout est stratifié, emmêlé. On est tout le temps dans le bizarre : surtout lorsqu’à la plage 9 déboule la voix d’un homme qui chante des rythmes en yaourt, tout en se marrant de sa bonne blague. Un ami d’Hypo, ou Hypo lui-même, capté sur un petit enregistreur ?

   Nul ne le sait. Et puis arrive un synthé pour un morceau que n’aurait pas renié Dominqie A époque « La Fossette. » Le morceau (intro yaourt comprise) s’intitule « Newoldorder. » Un hommage à New Order ? Ou une vacherie. la encore, le mystère planera… Et puis il y avait cette intro, le mec riait… peut être qu’Hypo ne peut pas supportrer New Order et se moque d’eux. Allez savoir. Bien sûr, on mentirait en disant que ce disque peut s’écouter dans une soirée entre amis. Le disque d’Hypo n’est pas de ceux dans lesquels on entre facilement, mais il opère une lente et douce séduction sur les oreilles de l’auditeur, ce qui le rend vite attachant.

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Jean-Marc Grosdemouge

Hypo « Karaoké a capella », 1 CD (Active Suspension/Chronowax), 2002

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