« Imbécile » au Café de la Danse, Paris, vendredi 18 avril 2008

Jusque là, « Imbécile » était un recueil de chansons sorti sur disque il y a quelques mois chez Discograph et composéés par Olivier Libaux, déjà auteur de « L’Héroîne au bain » (voir notre article). Malgré le casting prestigieux (Philippe Katerine, Helena Noguerra, Barbara Carlotti et l’ex-Innocents JP Nataf), il s’agit d’un disque qu’on avait écouté et apprécié… mais pas assez pour trouver le temps d’en parler. Acte Manqué ?

N’allez pas réveiller le bon docteur Freud pour si peu : c’est juste que les chansons présentées brut de fonderie sur disque étaient prévues pour intégrer un spetacte mêlant théâtre et chansons, et l’on n’avait pas, dans ce contexte, saisi tout leur sel. L’aspect théâtral manquant, on avait tout simplement sous-estimé le potentiel de ces chansons. Ce soir, c’est tout à fait différent : chaque chanson prend vie, et sert l’argument ou l’action d’un personnage. C’est en les voyant en situation, ce soir, interprétées par les quatres comédiens—chanteurs du soir (JP Nataf, qui interprète le fameux imbécile, Barbara Carlotti, Bertrand Belin et Armelle Pioline, connue pour être la chanteuse d’Holden), on se rend compte qu’elles récèlent une vraie poésie intrinsèque. L’argument de la pièce (sans vrai rembondissement) tient sur un timbre poste : quatre quadragénaires dinent en évoquent les souvenirs (notamment musicaux, comme en témoigne la reprise de « Ivory Madonna » de UB40, savoureuse il faut en convenir) en attendant une convive-Arlésienne prénommée Margaret.

D’un côté (jardin) se déroule l’action tandis que de l’autre (cour), les musiciens, dont Olivier Libaux fait partie, assurent les mélodies pour que la mayonaise prenne. Et cekla fonctionne : on rit aux dialogues, on jubile devant les pas de danse (mention particulière à Armelle, craquante de bout en bout) et l’air goguenard de Bertrand Belin et l’on constate que les quatre qui sont sur scène ce soir sont de vrais comédiens, qui jouent avec brio. Le spectacle n’est pas produit par Dove Attia : dommage car on n’a ainsi peu de chances de le voir fréquenter les zéniths, mais l’on se dit qu’il y a tant d’ingéniosité et de talent dans « Imbécile » qu’une adaptation cinéma (entre « On connait la chanson » d’Alain Resnais et « Cuisine et Dépendances » de Bacri et Jaoui) ferait un malheur.

Jean-Marc Grosdemouge

Merci à Virginie Pargny

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