Jean-Louis Murat "Lilith"

   A mesure que les années passent, Murat est de plus en plus déroutant : pour qui l’a connu à la fin des années 80 avec le gris-bleu « Cheyene Autumn », puis accompagné dans les années 90 de « Vénus » en « Manteau de pluie du singe », la tournure prise par ses chansons depuis « Le moujik est sa femme » à de quoi troubler. Confirmation avec ce double album.

lilith   Envolée l’attitude migraineuse de l’Auvergnat : Murat est heureux, il peint, fait de la promo pour se marrer (il aime s’attaquer tout un tas de sujets autres que musicaux, comme Christine Bravo, qu’il a eu l’occasion de traîter de « poissonnière » il y a quelque temps), et écrit des chansons. Beaucoup de chansons. Sur le premier disque, les bonnes chansons sont trop longues : « Le mou du chat » dure sept minutes. « Tant la vie demande à mourir » rappelle « Dieu n’a pas trouvé mieux » sur l’album « Dolorès ». Et le morceau de bravoure funk, « Le cri du papillon » doit tout à ses choeurs féminins assurés par Camille et par Armelle Pioline (Holden). On peut aussi repêcher « Zibeline tang », une chanson que l’on croirait écrite pour Françoise Hardy, mais tout cela peine. Quant à la chanson-titre, on peine à en comprendre les paroles. Le deuxième disque est encore plus décevant : après un titre symphonique digne de Craig Armstrong (« Se mettre aux anges »), on tombe dans une sorte de folk misérabiliste et pour tout dire… ennuyeux. Bref, en resserrant son écriture, en sélectionant mieux ses titres après enregistrement, Murat aurait eu le mérite de signer un album plus cohérent, tout en évitant bien des longueurs.

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Jean-Marc Grosdemouge

Jean-Louis Murat « Lilith », 1 CD (Labels/EMI), 2003

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