Jil Caplan : portes ouvertes

   Jil Caplan était blessée par la vie quand elle a enregistré son nouvel album, ’’Derrière la porte » en compagnie de son complice des débuts, Jay Alanski. Et pour en parler, elle n’accepte pas d’interviews par téléphone. On a donc fait le déplacement pour plonger nos yeux dans les siens (j’ai déjà connu des situations plus ennuyeuses), afin qu’elle ouvre la porte… de son coeur, et de son âme, qu’elle met à nu dans ce disque. Jil se révèlera entre deux eaux, passant souvent du doute au rire, mais aussi bavarde. D’ailleurs, dès qu’on pose l’enregistreur sur la table, elle engage la conversation. Propos recueillis par Jean-Marc Grosdemouge

Jil Caplan : Ah tiens, j’ai un mini disc comme ça. Je voulais enregistrer des sons de chez moi (le plancher qui grince, le passage des éboueurs), pour les mettre sur le disque. Hélas j’ai perdu le micro. Et coller des sons d’un CD quelconque n’a pas d’intérêt.

Epiphanies : Puisque l’on parle d’enregistrement, tu joues d’un instrument ?

Très mal de la guitare mais pas bien ; j’en joue un peu sur scène, mais comme un plaisir adolescent. Sur la précédente tournée, on manquait d’un musicien et JC m’a proposé de le remplacer. J’ai bossé et j’ai réussi à la faire, mais pas sur tous les morceaux. Je peux jouer « Girl » des Beatles, une chanson ou deux de Marilyn Monroe, mais ça ne va pas plus loin. Ce n’est pas mon but dans la vie, mais c’est bête car je pourrais faire plein de choses toute seule.

Tu es plus interprète ?

Interprète et auteur et puis j’aime englober un album, de le conceptualiser. Dans ma façon de travailler, je ne fais pas d’appel d’offre…

Ce sont les gens qui viennent à toi ?

Ou je vais à eux, parfois grâce à des gens que je connais. Jay Alanski, je le connais, on a fait trois albums ensemble. J’aime tellement ce qu’il fait que c’est un vrai plaisir de lui envoyer un texte ou quelques phrases et de voir ce qu’il va en faire. Je trouve que ça grandis toujours un texte.

Quand tu écris un texte, tu as déjà l’idée qu’il va le sublimer ?

J’espère ! Mais ça arrive toujours… Je trouve qu’un texte doit pouvoir être lu sans musique, qu’il doit être assez fort, dans son sujet dans sa forme, pour être lu comme ça. Cela dit, cela reste des chansons et sans musique il manque 50 pour cent. Quand je lui envoie « Je t’aime je déteste » : j’adore l’écrire. Je suis contente de ce que j’écris parce que j’ai l’impression de dire quelque chose que je sens vrai. Avec la musique dessus, c’est encore mieux.

Tu redécouvres ton texte ?

Il me le redonne d’une autre façon, c’est très agréable.

Tu dis que tu étais blessée quand tu as fait cet album. Il s’en dégage d’ailleurs une grande tristesse. Tu l’assumes ?

Je ne crois pas être triste. Avant de faire ce disque, j’étais dans des gros doutes. Je me demandais si ça valait la peine que je continue, si j’en étais capable, si j’avais des choses à dire, si ça intéressait les gens. Je me sentais un peu perdue, je ne savais plus, plus trop. C’est peut être parce que je vieillissais et qu’il était normal de se poser toutes ces questions à un moment donné. J’admirais tous les gens qui sortaient des disques et me disait « comment ils font ? » J’avais perdu le fil… Je ne voyais plus comment j’allais faire.

Quand tu voyais des gens sortir des disques, tu ne sentais pas à la hauteur ?

Je me disais « ils ont de la chance », ouah ! Ils ont de la chance d’avoir des choses à dire. J’avais des choses à dire mais je n’arrivais plus à les mettre en forme. Je n’arrivais même pas à écrire un texte. J’allais l’impression que ce j’écrivais était nul, n’avait pas de sens, pas d’intérêt. J’écrivais, je déchirais, je jetais. Vraiment la pauv’ fille. (rire)

Et comment c’est reparti ?

Je pense que quand on s’est retrouvés avec Jay, ce qui était pas prémédité puisqu’on s’est remis en contact grâce à des hasard de gens et de circonstances, je suis passé chez lui, on a bu un thé. Je devais rester une heure, ça a duré cinq ou six heures. Je suis repartie vers neuf heures du soir. On a parlé à bâtons rompus, c’était totalement inattendu… Quand je suis parti, il m’a demandé « attends, t’as pas un bout de texte à me laisser ? On a pas de pression, pas de résultat garanti, mais ça me ferait plaisir d’essayer quelque chose avec toi ». Alors j’ai été très surprise, mais j’avais quand même ces quatre phrases, rescapés d’un naufrage personnel : « je suis un verre d’eau claire, je suis de la rivière, je suis comme la vitre, soleil passe au travers ». Je les aimaient bien, elles avaient un sens qui avait une vérité. Je les lui ai laissées et le lendemain Jay m’a appelée pour me dire qu’il avait trouvé un truc musicalement. C’est devenu la première chanson de l’album, avec les petites notes de piano. C’était trop bien. Je suis sorti de là avec des ailes, je suis rentrée chez moi en planant. « c’est trop bien ». J’étais comme un sèche cheveux qu’on branche ; j’avais retrouvé l’électricité, avec un geste simple. J’étais comme un appareil débranché, voilà tout. Je n’avais plus de courant. Il suffisait de quelqu’un pour prendre la prise et la rebrancher. Jay l’a fait de manière toute simple, sans même y penser. Il a vu une prise qui traînait, il l’a branchée, « oh ça marche » !

Ce qui est très fort c’est que ça s’est fait sur quelques phrases qui disent « je suis transparente », cette idée que tu n’avais plus rien à dire ?

Non ce n’est pas ça.

Ce n‘était pas autobiographique ?

Si mais c’était lié à un moment donné de ma vie où je pensais avoir fait ce que j’avais à faire. Il arrive que parfois on passe du temps à se dire « ce que je vis, je ne suis pas très bien dedans, il y a comme une espèce de petit mensonge… » Vous ne l’avez peut être jamais ressenti, vous avez de la chance… C’est à dire que dans sa vie, on se dit qu’il y a un arrangement, un petit mensonge. Ca peut être dans une histoire d’amour par exemple.

Tu parles du fait de ne pas être pleinement en accord avec soi-même ?

Exactement. Au moment où j’ai écrit, ce n’était pas parfait, mais j’ai eu l’impression de me dépoussiérer. C’est extrêmement simple en fait (rire). Et puis après il y a le refrain « on est de toutes petites choses » parce parfois on se sent comme ça. Ca fait partie de la condition humaine : être un petit machin, et parfois on se sent pas plus qu’une fourmi.

Cela donne la tonalité de l’album. « Derrière la porte » est très intimiste. Le précédent faisait penser à de grands espaces avec de grosses orchestrations, et en même temps j’avais eu un peu de mal avec. Je t’écoute depuis longtemps et la Jil Caplan mélancolique est un personnage qui te va bien. Je ne te retrouvais pas tellement sur « Comme elle vient ». J’avais l’impression que tu étais déguisée, dès la pochette d’ailleurs, puisque tu posais en cow girl. On ne te souhaite pas de la tristesse, mais pour le coup, là, tu reviens à ces teintes mélancoliques qu’on aime…

L’album d’avant était moins profond dans le propos, les textes. Je n’avais jamais fait de disque flower seventies, avec guitare sèches et douze cordes, et j’en avais envie. Je voulais me laisser porter par une vague folk. J’étais un peu flemmarde sur les textes, je me suis un peu laissée faire. Il y vait une super ambiance dans le studio, on se marrait tout le temps, on était très joyeux de faire ce disque… Il n’y avait aucune prise de tête, ambiance bande de copains qui s’amusent à faire de la belle musique. Sur ce disque là, on a été très concentrés avec Jay, très exigeants l‘un envers l’autre : il n’était pas question de laisser une phrase juste comme ça, ou juste un accord pour remplir un vide. On voulait faire quelque chose de beau, de profond, d’atmosphérique, emmener les gens dans un voyage de musique, d’arrangements, de sonorités.

C’est à dire ?

Tout est fait par couche. C’est un mille-feuilles ce disque, un couche d’harmonie comme ci, un autre d’harmonies comme ça, des chœurs, des doubles voix.

Un peu comme ce que Jay fait avec A Reminiscent Drive, quand il enregistre piste après piste.

Voilà. Des couches, des couches, et des couches. Dans les textes, on le sentait s’il y avait des redites, si j’avais déjà vu ce terme. « On entre plus chez toi », c’est l’histoire de quelqu’un qui vit seul, sans amour, qui n’est plus touché. Comment fait-on pour vivre sans être touché par quelqu’un ? sans être pénétré par quelqu’un ? je veux dire : physiquement, spirituellement, amoureusement … C’est très difficile, c’est une grande peine. Je le ressentais parce que j’avais des gens comme ça autour de moi, et je me mettais à leur place. Quand on rentre chez soi et qu’on a la chance de vivre avec quelqu’un qu’on aime, qu’on a un enfant et qu’il y a de la chaleur, ça nous remplit. Privé de ça, on se sent dans un désert, en pensant que ça va revenir mais le plus dur c’est d’aller vers l’autre, finalement, le partage, se tenir la main. Où je voulais en venir (rire) ? Ce sont des choses qui m’ont beaucoup souciée ces dernières années, peut être parce que je me suis parfois sentie perdue et que je me suis heurtée à l’indifférence des gens. J’avais l’impression que ce que je proposais n’intéressais personne. Ca a été difficile à vivre. Mais tout le monde est indifférent : personne n’a le courage d’aller vers les SDF pour les aider, par exemple. Même si en France on pleure un peu la bouche pleine, parce qu’il n’y a ici ni guerre ni génocide (ça devrait être le minimum partout dans le monde), il y a quand même beaucoup de solitude, de détresse, de gens qui ne savent pas comment faire.

Visiblement, cette détresse t’atteint.

Ah oui ! Malheureusement je n’ai pas de solution, je témoigne de ça. Un artiste n’a pas d’avis tranché ni de solutions, mais il peut témoigner de son monde intérieur et de celui qui l’entoure.

C’est bien que tu parles de ça parce que quand je t’ai découverte en 1987, je croyais que Jil Caplan était on vrai nom. J’ai appris depuis que tu t’appelle Valentine. Avec cet album, ce n’est pas un peu plus Valentine qui se met en avant ?

Certainement.

Le personnage est un peu en train de disparaître ?

Bien sûr… Je m’appelle Valentine, ce n’est pas secret. J’aurais bien gardé ce nom là…

Tu as songé à le reprendre récemment ?

Oui, j’en ai parlé à la maison de disques, mais quand on a capitalisé quelque chose…

Ce n’est pas évident de repartir avec un nouveau nom…

C’est très difficile. D’autant que quand on a fait quelque chose sous un nom, les gens ont une idée, parfois préconçue ou fausse ou a moitié fausse, de vous. Parfois un nom apporte des bienfaits, parfois des choses plus négatives. On n’y peut rien, il faut l’assumer. Il ne s’agit pas de renier ce qui a été fait. Quand j’ai débuté, un chanteur qui s’appelait Valentin allait sortir un disque au même moment que moi dans mon label. Valentin-Valentine, bof. Ce n’était pas son vrai nom mais on m’a gentiment priée de changer de nom. J’avais vingt ans, j’étais au cours Florent, je délirais sur les actrices de ciné, j’étais personnellement en plein dans un film hollywoodien, donc finalement ça faisait partie d’une légende personnelle d’avoir un nouveau nom. Mais quand les années passent, on a envie de s’éplucher un peu, comme un légume. J’ai 40 ans aujourd’hui, il y a des choses qui ne m’intéressent plus ? l’intérêt c’est d’ouvrir la porte et qu’on dit qui on est, qu’on va voir quelqu’un pour ce qu’il est.

Ceci dit, se livrer comme ça est plus facile à quarante ans qu’à vingt. Arriver à vingt ans et dire « je suis ça, ça, et ça »

C’est impossible.

Peut-être que la génération actuelle y arrive plus facilement… Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu dans les années 80 des gens de vingt à trente ans écrire des choses très personnelles…

C’est vrai.

Peu de gens se mettaient à nu parmi les chanteurs français en 1987.

Non. C’était plus la génération d’avant qui faisait ça, avec des gens comme Barbara. Les années 80, c’était la décennie du masque, des poses, des clans : « moi je fais de la new wave », il fallait se définir.

Tu avais peut être un rapport pygmalion-muse avec Jay. Aujourd’hui, vous êtes à égalité ?

Bien sûr. J’avais vingt ans (rire), c’est un âge magnifique parce que toute est grand ouvert. Mais tout reste possible ensuite, à n’importe quel âge. Etre flétri, c’est une question d’état d’esprit. Moi j’avais tout à apprendre, à découvrir, j’étais avide de connaître. Je ne marchais pas, je courrais. Jay était séduit par cette énergie qu’il y avait en moi. Je pense l’avoir toujours, avec plus de réflexion, de maturité.

De doutes ?

Oh oui !

En même temps avoir quarante ans et vingt ans de carrière c’est une grande chance !

C’est bien, oui. Quand je regarde en arrière, je me dis que j’aurais pu faire plus, quand même. J’aurais pu faire plus d’albums, profiter mieux de certaines choses. Enfin (fataliste), c’est toujours facile quand c’est passé.

Il n’y a qu’un casse-pieds comme Murat pour imposer à sa maison de disques des sorties d’albums aussi rapprochées.

Et puis il faut produire comme un stakhanoviste !

Cet album est pas mal bourré des sonorités intimiste, il est un peu trip hop aussi. J’avais interviewé Jay Alanski il y a quelques années et il m’avait dit que tous les hits que vous avez eus n’étaient pas…

… représentatifs de l’album.

Ni de la mode musicale du moment.

C’est vrai. Il a tout à fait raison.

Et là, le trip hop, c’était surtout à la mode il y a dix ans… Cette couleur est venue comment ?

L’influence de que Jay fait en solo a été importante et puis surtout avait le souci de ne pas refaire ce qui avait été fait, ensemble, ou séparément. Mon dernier album était hyper folk et acoustique et je n’avais pas du tout envie de refaire ça. J’avais envie de quelque chose de plus expérimental, bidouillé. Pas contrebasse – guitare – basse, autre chose.

Ton label doit te demander des « Nathalie Wood » et des « Tout ce qui nous sépare »…

Je n’avais pas de maisons de disques quand on s’est retrouvés avec Jay, puisque j’étais partie de chez Warner donc personne ne me demandait rien, mais alors personne (sourire). C’est à la fois déprimant parce qu’on se sent une toute petite chose, on pisse dans un violon, mais il faut profiter de ce moment où l’on ne subit aucun cahier des charges : on ne produit que ce qu’on envie de produire. Les gens prennent ou ne prennent pas au final mais il n’y a pas de directeur artistique qui vient dire « eh cocote, faudrait ci ou ça ». On essaie de faire des chansons du mieux qu’on peut, mais on a toujours envie qu’il y en ait une ou deux qui touchent une foule. Ce n’est pas rien de toucher une foule, quand même…

Que les gens sifflotent la chanson.

Je me souviens avec « Tout ce qui nous sépare » avoir entendu quelqu’un l’écouter chez lui alors que je montais dans l’escalier de chez moi. C’est trop bien ! c’est un sentiment fabuleux ! A la fois c’est notre chanson et ce n’est plus la notre, on n’est est dépossédé. Elle est ailleurs, et c’est génial.

Cela doit être très gratifiant…

C’est énorme ! Et c’est un gros choc, un peu teinté d’irréalité, c’est extra-ordinaire. Mais les choses passent, ça n’a qu’un temps.

A 21 ans, quand ça a éclaté avec « Comme sur une balançoire », ça devait être extraordinaire pour une jeune femme.

Ca l’était mais je ne m’en rendais pas compte. Je ne me rendais pas compte de l’impact que ça avait et même a posteriori je ne me rends pas compte. Sur Myspace, des gens m’expliquent comment ils ont découvert mes chansons, vécu une histoire d’amour sur l’une d’elle, mais on se rend pas compte de l’impact sur les gens, c’est impossible à imaginer. On a tous des histoires personnelles avec un album des Stones, de Goldfrapp ou de DJ Shadow. Moi si je disais à Leonard Cohen…

Ce qui est bien dans ton répertoire, comme tu as fait des tas de chansons de styles différents, chacun peut se retrouver dans un titre-fétiche.

C’est rigolo parce que dans le processus créatif, on ne pense pas à tout ça, à la personne, à ce que ça va lui faire. On se dit « c’est vachement bien, ça me plait, j’y vais à fond, moi ça me fait quelque chose ». Quand Jay m’a joué « J’aime… je déteste » au piano je trouvais la mélodie belle, le texte fonctionnait bien, et la musique le portait complètement. On ne s’est pas dit « on va faire ça pour que ‘les gens’… » On est dans sa bulle et on a hâte de voir comment les gens vont réagir, et avoir du plaisir à écouter comme nous on a eu du plaisir à la faire. Parfois on se perd en route, on rate une chanson, on s’y remet. C’est du travail mais c’est aussi de l’inspiration, une étincelle, une forme de clairvoyance, de difficulté et le bonheur. Une fois que la chanson est finie on se dit « wow, c’est bien, j’espère que les gens vont ressentir ça ».

Il faut arriver à s’épater un peu soi même par son travail ?

Oui, mais là on était deux. C’est plus facile de s’extasier sur le travail de l’autre. Comme je ne compose pas, je ne sens pas le travail que c’est.

Et sur les textes que tu écris ?

Avec le temps, je commence à savoir quand j’ai bien écrit quelque chose et quand je ne l’ai pas bien écrit. C’est ni de la prétention ni de la fausse modestie, mais pour soi même et les buts qu’on se fixe, dans ses exigences, on sait si on a réussi ou pas.

On est le premier juge de soi-même.

On sait quand on a réussi ou pas, on connaît ses failles, ses défauts. On doit arriver à le dire un peu.

A priori, globalement, oui… Mais on peut aussi manquer de recul, tous autant qu’on est.

Tous autant qu’on est, oui. On a tendance soit à mettre son travail sur un piedestal soit à le descendre, et la même chose selon les heures : on peut faire le yo-yo.

Tu fais des écoutes 24 ou 48 heures après ?

C’est bien d’avoir du recul mais pas trop non plus sinon tout peut être remis en cause tout le temps, et tout peut partir dans l’eau du bain. Il faut un recul immédiat on sait quand c’est inabouti, que ça pourrait être mieux.

La chanson que je préfère dans toute ta carrière, c’est « entre les tombes » et on retrouve un peu cette ambiance programmation sur cet album. Tu parlais de Goldfrapp tout à l’heure : comme sur ton album, c’est moderne mais pas froid…

On a voulu faire un disque très chaleureux, expressif, qui soit lisible. On n’a pas voulu quelque chose de compliqué à entendre ou à comprendre, que ce ne soit pas torturé ou alambiqué.

Des textes mélancoliques mais sur une musique enveloppante ?

Le texte de « On entre plus chez toi » n’est pas triste, mais il est dur, dense, mais derrière il y a quelque chose de lancinant qui porte le titre et fait qu’il s‘allège. Le morceau qui est une vrai épopée, c’est « un âne sur la route », qui part de peu de chose et grossit.

Faire des disques, c’est une façon de s’alléger dans la vie ?

Je n’avais jamais réfléchi à ça, tiens (rire) ! Non, mais ça n’alourdit pas non plus. On fait ce qu’on a à faire. C’est très prenant, c’est une force vitale.

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