Jon Spencer Blues Explosion au Bataclan, Paris, mercredi 13 novembre 2002

   Le festival des Inrocks a commencé mercredi dernier au Zénith avec les pop Coldplay, et a fini ce mercredi au Bataclan avec du gros son, celui du Jon Spencer Blues Explosion.

   Après le hip hop de Puppetmastaz (qui ont pour particularité de jouer derrière un rideau dont émergent diverses marionettes), le groupe texan Sparta, composé d’anciens membres d’At The Drive In, a commencé à faire monter la chaleur et le son d’un cran.

   La musique rock de Sparta est une boule de feu, le chanteur s’époumone, et les titres virant parfois au métal s’enchaînent sans temps morts (le public a à peine le temps d’applaudir). Côté rythmes, c’est le déluge : sur des rythmes programmés, le batteur ajoute sa touche personnel … un touche brutale.

   Autant dire que The Jon Spencer Blues Explosion, auteur de « Plastic fang » cette année devait relever le gant. Il l’a relevé, en effet. Trop bien même. Là aussi, les morceaux s’enchaînent, et les trois américains font eux aussi montre d’une énergie peu commune. Leur puissance de feu ne se discute pas. Dans la fosse, certains audacieux surfent sur la foule. Dans mon coin, je suis « bousculé » par la ravissante chanteuse d’Autour de Lucie, Valérie Leuliot.

   Le groupe quitte la scène, puis revient pour un rappel … in-ter-mi-nable. Jon spencer tombe à terre, éructe, maltraite sa guitare et son ampli. Il y a quelque chose de primitif (on n’osera pas dire primaire) chez JSBX. Avec ce blues énervé, on en a plein les oreilles, et quand le concert finit, on est abasourdis.

   Mais on peut se poser la question : n’a-t-on droit qu’à ça lors d’un concert, ce bête abasourdissement ? N’a-t-on pas mieux à attendre ? Un moment ou deux de pression relâchée ? Avec Jon Spencer, non. C’est « à fond tout le long », vive la métallurgie, dieu vomit les tièdes. Ce qui fait qu’on a la fâcheuse impression d’entendre la même chanson pendant un heure. Dommage.

Jean-Marc Grosdemouge

photo : Ramon Palacios-Pelletier

 

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