Kat Onoma "Live à la chapelle"

   Kat Onoma a été viré par EMI. La major connaît des difficultés et a rendu leur contrat à de nombreux artistes, dont Rodolphe Burger et sa bande. Heureusement, le strasbourgeois récupère dans l’affaire le plus précieux : ses albums. Ce précieux trésor de guerre lui a permis de constituer son label, Dernière Bande : bande magnétique ? bande copains ? ou les deux ?  

kat onoma cd   Un label qui, on n’en doute pas une seconde, va développer sa propre esthétique, qu’on imagine forte puisque Burger (ancien prof de philo, qu’un collègue à moi a eu pour prof) a des connections dans la musique notamment avec l’autre grand Alsacien, Alain Bashung et la littérature avec Olivier Cadiot.

   Dernière Bande va exploiter le « back catalogue » de Kat Onoma, ressortir l’album de Burger et Cadiot en hommage au welche (« On est pas des indiens c’est dommage ») et publier ses propres productions (lecture d’Olivier Cadiot de son livre « Retour définitif et durable de l’être aimé » ou « Le cantique des cantiques », récité par Alain Bashung et Chloé Mons). C’est donc Dernière Bande qui sort ce « Live à la Chapelle », enregistré à la chapelle de Saint-Pierre-sur-l’Hâte, à Sainte-Marie aux Mines. En un mot, au coeur de l’Alsace, là où a vécu Rodolphe Burger.

   L’enregistrement dans cette chapelle du XVIième siècle (une ancienne église de mineurs d’argent de la vallée dans laquelle le producteur Ian Caple a déjà réalisé l’enregistrement d’un quatuor à cordes). Cette captation live a eu lieu en septembre 2001, lors du festival « C’est dans la vallée », créé par Burger avec l’association Hiéro. Le public, composé pour la plupart d’habitants de la vallée, qui assistaient pour certains à leur premier concert, était paraît-il éclairé à la bougie. Petite précision : ne vous laissez pas induire en erreur par le visuel derrière le centreur : le rond rouge sur la carte, c’est Epinal, pas Sainte Marie. Mais en bas, à gauche, juste à la bordure du carton de la pochette, vous avez le village de Melisey, où votre serviteur a vécu pendant des années.

   Pour la musique, on a l’impression ici d’entendre les Tindersticks français (pour la voix et la classe) et aussi des Calexico made in Vosges. On réentend avec plaisir des extraits du dernier album du groupe (produit par Ian Caple) comme « Family dingo » ou « Be bop de beep » et des reprises de « Over You » du Velvet Underground et « Radioactivity » de Kraftwerk. Dépaysement garanti. D’autres enregistrements « Live à la chapelle » devraient être réalisés à l’occasion de futurs festivals. On attend ça avec impatience car organiser des concerts dans des endroits reculés, faire pénétrer la culture partout, et à l’occasion, dans des lieux chargés d’histoire, est une initiative qui mérite d’être saluée.

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Jean-Marc Grosdemouge

Kat Onoma « Live à la chapelle », 1 CD (Dernière Bande/Wagram), 2003

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