L’Altra : résolument différents

   Au lendemain de leur concert au Nouveau Casino, rencontre avec Eben , batteur, et Lindsay, chanteuse et pianiste du groupe l’Altra, à l’heure du petit-déjeuner. Ils sont un peu déphasés, moi aussi. Mais nous en saurons quand même un peu plus sur eux après cette trop courte discussion.

Alors qu’ils finissent leurs tartines et partiront tout à l’heure pour une séance photo avec Renaud Montfourny des « Inrockuptibles », je me lance. Propos recueillis par Jean-Marc Grosdemouge.

Epiphanies : Votre nom est un nom italien, et vous tournez en Europe. Avez-vous une culture plus particulièrement européenne ?

Eben : Non, je ne dirais pas qu’elle est surtout européenne. Ni notre culture, ni notre musique d’ailleurs. C’est juste un nom comme ça, et on aime tourner en Europe, mais on ne fait pas quelque chose d’européen.

Le nom, c’est juste pour sa jolie prononciation ?

Eben : C’est aussi pour sa signification, et le son, le « look. » C’est tout un ensemble.

Lindsay : Oui, pour tout.

C’est important d’être « autre », différent ?

L : Oui, je pense. C’est intéressant pour nous d’être différents.

Pouvez-vous m’expliquer où et quand vous vous êtes rencontrés et comment la groupe a commencé ?

Eben : Le début, c’était l’hiver 97-98, par là. Joseph et Lindsay vivaient dans le New Hampshire et se connaissaient depuis longtemps, bien avant le groupe. Ken, qui s’occupe d’Aesthetics, et moi vivions à Chicago. On s’est tous rencontrés là bas, et on a formé le groupe. On a écrit des chansons et en 99, notre premier EP est sorti.

En France, le nom de Chicago est rattéché à la scène « post rock. » Avez-vous eu des connexions avec cette scène, ou est-elle éloignée de vous ?

Eben : Ce n’est pas vraiment éloigné de nous, non. But je ne dirais pas qu’on était connecté à un meneur. Il y avait un sorte de famille « post rock » bien établie, à Chicago, qui a commencé à devenir célèbre un peu partout, et les gens ont identifié la ville à ça. Mais il y a plein de genres différents. La scène post-rock, comme Tortoise, ne fait plus les même disques qu’avant. Il y a aussi un vieille scène country, une scène jazz, de l’expérimental, de l’impro … Le post-rock nous a peut être influencé, mais pas plus que ça.

Laquelle de ses scène est-elle le plus susceptible d’influencer la musique de l’Altra ?

Eben : Je ne sais pas si une scène particulière de Chicago a influencé le groupe.

Lindsay : Moi, j’ai développé dans cette ville une sensibilité pop.

Eben : On aime plein de groupes, mais sans vouloir être particulièrement impliqués dans telle ou telle scène.

Quelles sont les principales influences de l’Altra ?

Lindsay : C’est si profond … Pour en revenir à Chicago, j’ai dû écouter du post-rock dix fois dans ma vie. J’aime le country, le classique, le folk, plein de trucs.

Eben : Nous aimons plein de choses, on essaie de les mixer. On ne peut pas dire qu’un groupe un seul ait une influence primordiale.

Lindsay : Peut-être des gens comme Ray Charles ou Low ont façonné ma façon d’écrire des chansons.

En France, on aime les groupes comme Red House Painters, Low, ou l’Altra. Aux USA, avez-vous un peu d’audience médiatique, ou vaut-il mieux pour votre carrière tourner en Europe ?

Lindsay : Je suppose qu’on a plus de succès ici, mais j’espère que notre musique peut traverser toutes les frontières.

Aux USA, il est plus facile de connaître un énorme succès en étant mainstream. En faisant du rap ou du r’n’b.

Eben : C’est pareil dans tous les pays, mais on aime faire des chansons, c’est comme ça.

Lindsay : Je pense qu’il y a un espace pour nous, aux USA. Ce sera peut être long, mais j’ai espoir. On a de bons retours à San Francisco ou au Texas.

Etes-vous le seul groupe à tenter de vous faire connaître dans ce genre musical, ou pouvez-vous compter sur une dynamique de bande, avec d’autres groupes qui pourraient aider à créer un « buzz » autour du genre musical commun que vous défendez ?

Lindsay : On ne cherche pas à créer un buzz, à sonner comme d’autres groupes à vouloir être à tout prix être aimés par le plus de gens possibles. On joue juste la musique. On essaie de partager un message avec des êtres humains, et à le faire honnêtement.

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