Les GAFAM, Châteaubriand et moi et moi et moi

   Il y a peu j’ai effectué une retraite spirituelle de cinq jours dans une abbaye bénédictine normande, au Bec Hellouin. J’en dirai peut être plus un jour dans un autre article, mais si d’aventure je n’en reparlais pas alors je vous le dit de suite : si vous avez l’occasion d’effectuer vous même pareille deconnection (avec le monde)/reconnection (avec vous-même), foncez !

   Parvenu à cette abbaye, j’ai occupé une partie de ma première journée à inspecter la bibliothèque. Et par un heureux hasard, je lus à quelques minutes d’intervalles deux sujets d’apparence différents mais qui dans mon esprit, à ce jour, se rejoignent à merveille : d’abord un papier de « Famille Chrétienne » sur le transhumanisme, puis quelques pages d’un livre à propos du « Génie du Christianisme » de François-René de Châteaubriand o! j’appris que le chevalier malouin regrettait une chose à propos de son apologie de la religion chrétienne : il pensait avoir bien démontré comme le passé regorge d’exemples prouvant la supériorité du christiannisme, mais finalement omis de prouver en quoi c’est avant tout la religion du futur.

   Eureka m’écriai-je : le transhumanisme, qui nous promet que l’homme va devenir un dieu va surtout être l’occasion d’un esclavagisme forcené, une version XXL du capitalisme le plus brutal et le plus inhumain. Une sorte de « fascisme cool »… on notera qu’Emilio Gentile (« La religion fasciste ») a écrit que le fascisme est moins une doxa politique qu’une tentative de diviniser un homme, soi-disant providentiel : Benito hier, monsieur-tout-le-monde demain à qui l’on vendra l’immortalité… contre monnaie sonnante ou trébuchante, faute d’être déclassé.

   Mais au fait, l’immortalité pour quoi faire ? Ca, les Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft qui vous le vendront s’en fichent comme d’un guigne. Seuls comptent les dividendes des actionnaires, alors vos vies, et à plus forte raison vos âmes (qui ne se pèsent pas, et ne pèseront jamais dans la balance du marché), elles s’en moquent.

   Châteaubriand a bien raison : le christianisme est la religion du futur. Lorsque les temps deviendront extrêmement durs, qu’il n’y aura plus le choix qu’entre se faire entuber par Microsoft ou empapaouter par Apple, on pourra toujours se tourner vers le christianisme.

   Depuis deux mille ans, l’Eglise qui ne vend rien et même aide les pauvres contre rien (une horreur dans le système capitaliste où tout se monnaie), la religion disais-je transmet le même message : celle de la résurrection du Christ. Depuis, l’Empire romain, l’empire carolingien, Byzance, Napoléon et les Nazis (qui se valent) ont éclos et sont devenus cendres, mais chaque matin, les moines chantent les psaumes à 7 heures, le ventre creux.

   « Seigneur ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange » psalmodient-ils. Et c’est bigrement rassurant de se dire que dans cinquante ans (un grain de sable dans l’histoire du monde), ils les chanteront encore. D’ici là, qu’est-ce qui nous attend ? Un surhomme transformé, amélioré, très peu pour moi, merci bien.

Jean-Marc Grosdemouge

2 commentaires

  1. beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.N’hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo)
    au plaisir

    1. Merci beaucoup. Ancien journaliste, je me fais plaisir mais si vous voulez me faire de la pub, avec plaisir…

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