Marc-Alexandre Milanvoye, Tania Bruna-Rosso "Les 69 tribus du rock"

Qui dit mouvements culturels dit amateurs de culture… donc tribus. Le rock est une culture, et ne fait pas exception. Comment donc ?

   C’est simple : le propre du rock est d’avoir permis à nombre de générations de jeunes depuis cinquante ans de s’extérioriser par la musique, les looks et d’afficher concrètement ce sentiment d’appartenance à un groupe, une communauté de goût, qui est normalement quelque chose d’intime.

   Depuis le « Big Bang » originel de 1954 que fut cette explosion de rage ado, chaque génération vient puiser à la source, ajouter son grain de sel au mouvement rock (au sens large), et le régénérer… Le rock est tombé cent fois, s’est relevé cent et une fois, on l’a dit mort et certains ont même voulu l’enterrer vivant, mais chaque année il nous prouve de mille façons qu’il existe, encore et toujours… quitte à se réincarner sous un nouveau nom, un nouveau genre musical. Extérioriser le fait qu’on se reconnait dans une communauté de goût en matière de musique, c’est plus qu’écouter des disques ou aller au concert : c’est rejoindre une tribu.

   Appartenir à une tribu rock, c’est affirmer « je suis vivant ». Bien sûr, le rock au sens où l’entend classiquement ne fournit pas à lui seul les 69 tribus que décrypte ce livre, mais il a créé une multitude de sous-tribus que les auteurs, deux ex de Radio Nova (lui est disparu trop tôt, l’autre est désormais chroniqueuse chez Michel Denisot dans « Le Grand Journal de Canal Plus ») nous présentent tour à tour. 69 façons différentes de dire « je suis vivant. Et je compte. J’existe ».

   Pop, glam, funk, punk, hard, psychedelia, techno, hip hop sont autant de galaxies dans l’univers de la musique et de ses adeptes. Au fond, le rock est le club le plus ouvert de la planète. Seule carte de membre exigée : l’envie de faire perdurer, d’une manière ou d’une autre, et si possible avec un grain de folie, cette « teenage sensation », que chantait Credit To The Nation (un groupe rap). « Teenage dreams, so hard to beat » chantaient the Undertones. Peel l’a fait graver sur sa tombe, mais la phrase veut plus que jamais dire quelque chose.

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Jean-Marc Grosdemouge

Marc-Alexandre Milanvoye, Tania Bruna-Rosso « Les 69 tribus du rock », Ed. Scali, 2004; 203 pages, .

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