Mathieu Boogaerts, homme-orchestre moderne

   Mathieu Boogaerts a toujours pratiqué l’interactivité. Avec son premier album « Super », il proposait à l’auditeur de coller lui-même des autocollants sur le boitier pour le personnaliser. Lors d’un album live, il invitait le public à poser avec lui. Et il n’est pas rare, lors de ses concerts, que le public entonne quelques paroles avec lui.

dvd boo   Sur scène, également, Boogaerts joue les touche-à-tout. C’était déjà le cas lors des concerts qu’il donnait début 2002, avant qu’il ne rejoigne Tôt ou Tard. Depuis, la scénographie s’est encore étoffée.

   C’est le dernier spectacle de Mathieu Boogaerts, enregistré au Lavoir Moderne Parisien, qui nous est offert ici, filmé avec des moyens techniques simples. L’essentiel n’est pas là, puisque le chanteur a très bien pensé sa façon de présenter ses chansons : à gauche, un micro posé devant une toile orange, et à droite un écran sur lequel s’épanouit un décor (mer, forêt, route de campagne).

     Boogaerts utilise une instrumentation simple : une guitare, omniprésente, un clavier, moins utilisé, et un bouton pour déclencher des sons mis en boite. Au centre de la scène se tient un gros rocher aux formes arrondies, sur lequel Mathieu, pieds nus, vient se poser pour chanter. Il joue la plupart des titres à la guitare, retravaille certains de manière electronica (« J’en ai marre d’être bleu », jouée sur fond bleu façon Yves Klein), et il invite même deux de ses musiciens, le claviériste Albin de la Simone, et le batteur Fabrice Moreau, à jouer avec lui. Comment ? Par le biais de l’écran. Pas le nôtre : celui posé sur la scène, derrière Mathieu.

     En plus de quelques bonus conceptuels (Mathieu nous offre un bel écran bleu façon Yves Klein, ou un paysage forestier), mais tant d’idées et d’humour en un seul bonhomme, Mathieu a réorchestré son concert solo en studio. Pour en profiter, il faut choisir « Spécial » dans le menu. Vous verrez alors les mêmes images (c’est trompeur, il est vrai), mais Mathieu a lui-même rajouté des instruments sur ses chansons. Il y a passé beaucoup de temps, paraît-il. Dommage que par manque d’explication, le public risque de passer à côté.

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Jean-Marc Grosdemouge

« 2002. Mathieu Boogaerts en concert solo », 1 DVD (Tôt ou Tard/Warner Vision), 2003

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