MGMT "Oracular Spectacular"

71xtuRugCvL._SL1500_     Parmi les points communs entre Andrew VanWyngarden et Ben Golwasser, outre le mysticisme et le paganisme (le dos de la pochette ressemble à une cérémonie sur une plage), on rapporte qu’il y a… les sons hypnotiques. On est tout disposé à le croire à l’écoute de ce « Oracular Spectacular », sorte de délire sonore qui est un peu à la musique ce que l’Imax est au cinéma.

     Du début à la fin, on en prend plein la tronche, c’est panoramique et on vit un moment dont on se souvient longtemps. Diantre qu’il y a de couches et de sous-couches de sons dans leurs morceaux ! Un spécialiste du crétacé supérieur aurait plus de facilité à compter une par une les strates d’une montagne. Là encore, on ne s’étonne pas de voir Dave Fridmann, collaborateur des Flaming Lips et de Mercury Rev, crédité à la production. Classé country mondiale ou seventies du futur, le duo qui a aussi dans sa besace de quoi faire danser (« Kids »), a tout ce qui pourrait le faire passer pour néo hippie (leur look sur la couverture) et s’évertue à nous rappeler qu’on est pile quarante ans après la turbulente année 1968, qui vit les campus de pas mal de cités s’embraser pour un monde meilleur. Eux qui se sont rencontrés à l’Université de Middletown, dans le Connecticut il y a six ans, ont pas mal ramé à Brooklyn (où ils se sont installés depuis) avant de se voir portés par une hype démentielle.

Si une autre hype – politique celle là – qui veut que la révolution d’hier bégaie cette année (il y aurait de quoi), ils auront vraiment réussi leur coup. Sinon ? Eh bien, ils auront quand même signé un rudement bon album. Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

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Jean-Marc Grosdemouge

MGMT « Oracular Spectacular », 1 CD (Columbia/Sony-BMG) 2008

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