Monsieur Orange "Papillon"

   Qui est Monsieur Orange ? La bio fournie par sa maison de disques répugne à le dire. Et sur le disque, le musicien est soit de dos, soit photographié le loin. On ne sait pas non plus d’où il vient, mais on sait qu’il se produit seul sur scène depuis 1997 et que sa musique, c’est du vrai « Bontempi style ».

monsieur orange cd   C’est qu’on aimerait en savoir plus dès le départ sur Monsieur Orange : de l’électro-pop avec « Orange », ça rappelle des choses… en l’occurrence l’insupportable groupe « techno » Ultra Orange qui a sévi dans nos contrées vers 96.

  Monsieur Orange a-t-il à voir avec Ultra Orange ? Suspense. En tout cas, le son de Monsieur Orange, sur les trois premières chansons de cet album, évoque Ultra Orange : grosses guitares et bidouilleries. Il faut attendre le dub de « fleuve noir », la jungle orientalisante de « Bye bye le sens » ou le piano de « Bikini » pour enfin se laisser surprendre. Monsieur Orange chante des textes marrants ou poétiques, d’un voix grave. On pense à ce que fait Charlélie Couture depuis une dizaine d’années, au à « Intempestives », le dernier Yves Simon. Des titres comme « I was loving my chicken but I was so hungry », sorte de gangsta-rap accouplé au son des free-parties amuse, mais sans plus. Heureusement que le titre suivant, le lyrique « No coconuts », très Jad Wio (époque « Fleur de Métal ») nous reprend par la main. Ce long morceau est le sommet, l’état de grâce de ce « Papillon » qui a commencé, rappelons-le, bravache et toutes guitares dehors. « Lyric » et ses violons reste dans la même veine « chanson énervée-raffinée » qu’on retrouvera sur « Rome », coincée entre des chansons qui rappellent le début de l’album.

   Mieux vaut ne pas faire le compte des chansons « plus » et des chansons « moins. » Difficile de faire le tri entre tous les genres de chansons proposés par Monsieur Orange. Un artiste qui fait au moins preuve d’éclectisme à défaut d’avoir trouvé exactement son style à lui. Ce disque est moins à conseiller aux fans d’électro qu’à ceux qui ont déjà tout écouté en chanson française et n’arrivent plus à être étonnés. Monsieur Papillon devrait les surprendre assez agréablement.

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Jean-Marc Grosdemouge

Monsieur Orange « Papillon », 1 CD (Jarring Effects), 2002

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