Nicholas Payton "Sonic Trance"

500x500Entre soul liquide à la King Britt (« Praelude », « Séance », « Cannabis leaf rag 2 »), expérimentations d’un trompettistes dignes de Miles Davis, vous savez la période où il portrait de grosses lunettes noires et jouait le dos au public (« Fela 1 », « Velvet handcuffs », « Spiral »), références au ragga (« Shabba unranked ») ou morceaux plus classiques (« Blue hays », mais aussi la berceuse « Toys in Babeland », qui clôt l’album), Nicholas Payton démontre qu’il ne conçoit pas les sonorités actuelles comme des gadgets, mais juste comme un moyen de poursuivre son art.

Son jazz-rock (la pédale wha wha n’est pas absente) inclut ainsi des référence hip hop et groove (« Stinkie Twinkie », « Peeping Tim »), et les percussions (très présentes sur « Tantric ») et l’électronique se mèlent. Parfois, quelques craquements d’un disque vinyle se font entendre, comme chez Olympic Gramophon.

Cette modernité assumée qui ne constitue pas un rejet de l’héritage jazz classique évoque la démarche du pianiste Herbie Hancock quand il a sorti son album « Future 2 Future », sur lequel il s’essayait à la drum and bass. Dix ans après son apparition sur la scène jazz, le trompettiste américain Nicholas Payton, en compagnie de son nouveau groupe, prouve qu’il sait se renouveler. Les fans du label Talkin’Loud (fer de lance de l’acid jazz) et ceux qui vénèrent Impulse ! devraient trouver un terrain d’adoration commun avec cet album.

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Jean-Marc Grosdemouge

Nicholas Payton « Sonic Trance », 1 CD(Warner Jazz), 2004

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