Nick Kent nous fait visiter l'envers du rock

   Le rock côté pile et côté face, visite en compagnie de sir Nick Kent… pas encore adoubé par la Reine, mais déjà culte.

dark stuff   Côté pile : le rock rêvé. Soit : un artiste qui a du talent, de la chance, et des ventes de disques qui s’envolent, la hype qui s’emballe, le baromètre qui s’affole, les concerts qui s’enchaînent dans des salles de plus en plus grandes, sur des scènes de plus en plus larges et devant un public de plus en plus déchaîné.

   Côté face : un art qui broie parfois ses artisans, qui se crament littéralement dans la drogue, l’alcool, perdent les pédales, se retrouvent psychiquement et sentimentalement bordeline, rejetés par leurs amis et leurs familles, ringardisés par des artistes plus jeunes et plus beaux qu’eux. Le côté obscur du rock, en somme. C’est à l’envers du rock que le journaliste anglais Nick Kent, l’une des plus belles plumes rock en activité, s’intéresse. La drogue, cramé… bon sang mais c’est bien sûr vous pensez à Brian Wilson : c’est lui qui ouvre ce livre. Et puis… Syd Barrett. Il est là aussi. En fait, tous ceux qui ont connu le revers de la belle médaille bien brillante du rock, tous sont là : Jerry Lee Lewis, Iggy Pop, Johnny Cash, Sly Stone, Brian Jones, Shane Mc Gowan. Empétrés dans leurs addictions à l’alccol ou à la drogue, traversant un désert créatif et/ou familial, sentimental, financier, psychologique, les stars redeviennent des hommes, fragiles comme tout un chacun.

   Nick Kent a commencé sa carrière dans les années 70 : après quelques mois dans l’underground, il est répéré par le « NME », qui propulsera sa plume au firmament. En 88, notre homme arrête la drogue et en 90, pose ses valises en France, où il rencontre Laurence Romance, qui devient sa compagne (elle a traduit ce livre en compagnie de François Gorin). Et Kent est marqué par cette décennie un peu morose, qui n’a pas vu les espoirs des années 60 se concrétiser. D’où peut être cette envie de décrire cet envers du rock qui est l’objet même de ce livre.

   Finalement, ce versant peu lumineux du rock n’est-il pas celui qui en fait l’essence même ? Et Pete Doherty ? Pourquoi ne figure-t-il pas dans ce livre ? « Il a trop lu mes articles, et son attitude est un peu fabriquée » confiait l’auteur dans une récente interview donnée à ma pomme.

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Jean-Marc Grosdemouge

« The dark Stuff. l’envers du rock », Naïve Livres, 2006, 432 pages.

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