No One Is Innocent "Revolution.com"

     Moins médiatisée que celle des Pixies, la reformation des Français de  No One Is Innocent, responsables de quelques jolies bombes dans les années 90 (« du Grand Canyon au Yémen, la peau est la même ») est une bonne nouvelle.

0602498282755xr     Sous une couverture présentant un soldat englué de pétrole (peut être une référence aux photos de Sebastião Salgado prises autour des puits en feu pendant la première guerre du Golfe), voici donc un disque plein de rage, qui traite de thèmes politiques et sociaux (avec une voix ad hoc) le tout sur fond de rock hardcore.

     Le groupe reprend Depeche Mode (« Personnal Jesus »), scrute les médias, l’économie, parle de l’intégrisme religieux, de la mondialisation de la culture, des épidémies, des entreprises multinationales qui délocalisent et de la crise. Quoi de plus normal quand on se veut engagé ? Mais il est aussi question de cinéma, avec des références pour le moins éclectiques, allant du « Mépris » de Jean-Luc Godard ou « Dans la peau de John Malkovitch » de Spike Jonze, qui réalisa des clips musicaux (voir) avant de se lancer dans les longs métrages.

     A part sur la fin (le titre « No one hears you anymore »), pour ce retour aux affaires, No One met le feu. Manière de signifier que la carrière solo du chanteur, Kemar, a fait long feu ? A suivre.

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Jean-Marc Grosdemouge

No One Is Innocent « Revolution.com », 1 CD (Island/Universal), 2004

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