Oi Va Voi "Laughter Through Tears"

R-1038691-1186944735.jpeg     Bien qu’il commence comme une sucrerie downtempo à la manière de Zero Seven, de Morcheeba époque « Big calm » ou des méconnus Crustation (« Refugee », « Yesterday’s mistakes »), cet album ne tarde pas, et c’est tant mieux, à embrasser un champ plus large.

     A savoir des sonorités méditerranéennes (le superbe « A csitàri hegyek alatt » marie guitare et cornet, « Ladino song » a des sonorités espagnoles auxquelles une clarinette vient se greffer) puis d’Europe de l’Est (« 7 brothers », « Gypsy ») et des sons de fanfares travaillés de manière moderne, à l’instar du projet « Electric Gypsyland ». Direction ensuite l’Orient par le biais d’un violon (« Hora »), que l’on retrouve sur le dernier morceau, soit douze minutes d’une rêverie sur laquelle un homme s’exprime en anglais avec l’accent indien (« Pagamenska »).

      Pour ceux qui auront la patience d’attendre le morceau caché, il s’agit de « 7 brothers » retravaillé de manière plus entraînante que la première fois. C’est à peu près la seule concession dancefloor de l’album. Néanmoins, ceux qui ne veulent faire de ce disque qu’un compagnon de quiétude des heures tardives, peuvent arrêter le disque dès que le dixième titre est fini.

     Dans la lignée des productions de Nitin Sawhney, autrefois pensionnaire de ce label qui mêle racines indiennes et technologie, ce disque nocturne est un petit bijou épicé. Un peu comme si le « Londinium » d’Archive, superbe album de 1997, avait mêlé les eaux de la Tamise à celle du Gange ou du Danube.

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Jean-Marc Grosdemouge

Oi Va Voi « Laughter through tears » (Outcaste/PIAS)

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