« Patti Cake$ » ou l’invention du feel good movie hip hop

Patti Cake$

Le hip hop a plus de quarante ans (dignement fêtés cet été par un excellent Doodle) et c’est un genre mature. Tout comme le rock a donné lieu à des fictions sur le mode « on a un groupe, on rêve d’être signés et de quitter ce trou », c’est le hip hop qui sert de base aux rêves d’ascension artistique et sociale.

Après le biopic « 8-mile » qui narre comment un blanc bec nommé Marshall Mathers va s’imposer grâce à un flow verbal redoutable et devenir une vedette sur les scènes du monde entier sous le nom d’Eminem, « Patti Cake$ » est une fiction qui nous présente une blonde très enveloppée : Patti Dombrowski.

Après le biopic « 8-mile » qui narre comment un blanc bec nommé Marshall Mathers va s’imposer grâce à un flow verbal redoutable et devenir une vedette sur les scènes du monde entier sous le nom d’Eminem, « Patti Cake$ » est une fiction qui nous présente une blonde très enveloppée : Patti Dombrowski.

Son père s’est barré, sa mère qui a autrefois rêvé de faire carrière dans la pop picole et pousse encore la chanson dans le karaoké local quand elle n’est pas ivre, elle se fait surnommer Dumbo depuis le collège, y’a pas une thune à la maison, il faut payer les frais médicaux de mamie, et il n’y a qu’à la pharmacie où bosse en blouse blanche son soce Jheeromeo, qu’elle a droit à son quart d’heure de gloire… Alors Patricia, ou plutôt Killa P. rappe seule, noircit des carnets, essaie de trouver des petits jobs, et rêve d’enregistrer une maquette… Le but : quitter son New Jersey natal, et devenir l’égale de son idole, O-Z. Faire dans le rap ce que Bruce Springsteen a fait dans le rock.

Y arrivera-t-elle ? On ne le sait pas quand les lumières du cinéma se rallument, mais elle a enregistré une maquette qui passe à la radio, a trouvé l’amour, pris confiance en elle, et s’est même rabiboché avec sa mère avec qui les relations étaient tendues… La scène du concours où la fille tend le micro à sa mère présente dans la foule comme un passage de témoin est fort bien écrite.

Et nous, pendant tout le film on a bien ri, mais pas que. Car « Patti Cake$ » est un film surprenant par sa manière de mêler humour (son objet principal), description de la réalité sociale (les petits jobs, les soins médicaux chers) et réflexion sur la difficulté à se découvrir soi-même, et aller vers l’authenticité, car Killa P. devient Patti Cakes, et rompt avec son idole de toujours, O-Z. Pourquoi ? On vous en a déjà beaucoup dit, il faut que ça reste une surprise.

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Jean-Marc Grosdemouge

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