Perry Blake, Festival Shamrock à l’Elyséee Montmartre, Paris, 17 avril 2002

   19 h 00 : la salle est encore aux deux tiers vides. Maximilian Hecker entame son set, seul sur scène, lance des rythmes, joue de la guitare ou du clavier. Une sorte de Red House Painters made in Germany, et électronique. Assez proche de Perry Blake dans l’esprit…

   Puis Simian entre sur scène face à une foule un peu plus dense. Leur folktronica tient bien la route en live. C’est inventif, ça pulse… quelle bonne idée de tremper le folk dans un bain de jouvence. Tout le set est accompagné de vidéos jouées au fond de la scène, qui concourent à donner encore mieux une impression de rythme. C’est trépidant, on est pris dans l’ambiance.

   Perry Blake, ça fait quatre ans que je l’écoute sur disque et je ne l’avais jamais vu sur scène, donc j’étais un peu impatient. Je suis content de voir que sur scène, c’est bien, mais déçu parce que son set est horriblement court ! Les nouvelles chansons, extraites de « California », qui sort ces jours-ci ont été principalement jouées, et l’on remarque qu’en trois albums studio, Perry a pris un virage en douceur. Sur son premier opus, des orchestrations de cordes étaient au service de chansons tristes. « Still Life » reprenait en partie cette formule plus quelques chansons péchues mais classes. Les chansons de « California » ont des mélodies qui semblent plus rondes, plus heureuses, comme réchauffées par le soleil dudit état. Cet album a-t-il été enregistré en Californie ? Quand Perry se met à faire une pop un peu « FM », c’est loin d’être dégoulinant. C’est plutôt du genre renversant… Il faut dire que cet homme a un sens rare de la mélodie. En rentrant chez moi, j’ai réécouté la cassette de la Black Session de lundi sur France Inter, et je sens que « California », quand je l’aurai acheté, risque d’être mon album de l’été… Mais revenons au concert : les reprises de chansons anciennes (« The hunchback of San Francisco » ou « Little Boys and little girls »), réorchestrées (sans cordes en fait), sont intéressantes… Petit regret : pas de « No lullaby », cette superbe chanson qui figure sur le deuxième album.

   Enfin vient le tour de Rubin Steiner, qui monte sur scène pour terminer la soirée par une petite claque électronique. Trois musiciens (Rubin Steiner aux machines, un contrebassiste et un trombonne) et un VJ pour un set punchy, qu’on espère revoir cet été dans un festival. Jouer « Caravan » au trombone sur fond de rythmes électroniques, avec des images de la conquête de l’espace, c’est vraiment osé… tout comme les raps de Rubin Steiner, qui a voulu démontrer qu’il est un B Boy ! Comme chez Simian, les images projetées (un immeuble qui s’écroule, puis se reconstruit en boucle, ou des images d’autoroutes), donnent une trépidation qui renforce la pulsation musicale. Rubin Steiner marie du vibraphone jazzy avec des des sons actuels, et le fait bien. Saint Germain devrait pouvoir aller se rhabiller bientôt. Le concert s’est achevé par un dub un peu déglingué qui a bien terminé la soirée.

Jean-Marc Grosdemouge

 

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