Photek "Modus operandi"

   Photek, c’est la jungle en état de grâce, pas moins. Avec l’Anglais Rupert Parkes, aka Photek, la jungle n’est plus une musique technologique née au milieu des années 90 et qui puise autant dans le hip hop que dans le reggae, ce n’est plus une vague cousine du dub. Sur « Modus Operandi », la musique semble venir de plus loin, de nulle part, du fond des âges.

photek_modus (1)   C’est comme si, venue de très loin, cette musique se serait gravée sur le plastique d’un CD sans qu’on sache trop ni comment ni pourquoi. La musique de Photek est lunaire, elle évoque l’espace et les trous noirs, des myriades de constellations. Un infini dépressurisé d’où s’échapperait des bribes de musique ultra-moderne, ultra-technologique, s’offre à l’auditeur dans toute son immensité, dans toute sa splendeur.

   Photek, c’est une musique cérébrale qui parle aussi au coeur à grands coups de déflagrations. On ne sait pas d’où ça vient mais c’est formidable, un tel disque. C’est riche de voyages insoupçonnés. C’est une musique qui va « au delà ». Au delà de tout. Au delà de la musique, au delà de l’émotion de la musique. C’est un sentiment presque paranormal que donne l’écoute de Photek. Presque pas assez humain pour être vrai, comme sentiment. Et pourtant, si : ce disque existe, ce n’est pas un rêve.

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Jean-Marc Grosdemouge

Photek « Modus operandi », 1 CD (Science/Source), 1997

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