Pole "Pole"

Pole-POLE-300dpi-906x906Si vous aimez les histoires d’erreurs fécondes, d’imprévus riches en possibilités nouvelles, le hasard qui fit que Stefan Betke a fait un jour tomber l’un des filtres qui lui servent à composer sa musique électronique, va vous plaire.

Ce filtre s’appelait le Waldorf 4-Pole, et après être tombé par terre, il se mit à générer des craquements. Cela donna à notre homme son nom de guerre, et il se mit à produire une électronica plutôt froide. Ici, l’affaire commence à se réchauffer un poil, et l’on a affaire à un dub technologique minimal (« Back home »), rappé par Jon Marshall aka Fat Jon (« Slow Motion », « Arena », « Round two », « The bell ») qui tourne au free jazz quand le sax s’en mêle (« Bushes (There is a secret behind) », « Green Is Not Green-Yellow (Version) »). Et tant qu’à faire, le saxophone n’est pas le seul « vrai instrument » invité à flirter avec ce dub menthe poivrée : la basse pointe aussi le bout de son nez (« Green Is Not Green-Yellow (Version) », « Back home »).

Betke a bien fait d’ouvrir son univers à des collaborateurs extérieures, et à ne plus donner uniquement la parole aux machines. C’est la première fois que l’allemand utilise une voix sur ses titres, et le natif de l’Ohio Fat Jon relève haut la main le défi. L’envoûtement est très proche de celui connu à la première écoute de « Maxinquaye ». C’était pourtant en 1995 et dieu sait qu’il en est passé des choses dans nos oreilles depuis. Mais ce disque de Pole impose une telle fraîcheur qu’il fait jeu égal avec le premier opus d’Adrian Thaws. Pole, la plus chaude des musiques froides.

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Jean-Marc Grosdemouge

Pole « Pole », 1 CD (Mute/Labels), 2003

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