Poni Hoax "Poni Hoax"

Premier album d’un groupe français très prometteur, emmené par Nicolas Ker, digne rejeton de Ian Curtis, tant vocalement que pour les ambiances sombres.

Poni_Hoax cd  Depuis le temps qu’on vous le dit que les sonorités des années 80 vont redevenir furieusement tendance, ça y est les preuves arrivent… et sous la forme d’un album passionnant pour commencer, qui prend la suite de celui de Playground, avant que les déjantés funky Fancy ne sortent leur album, ce qui ne saurait tarder. Les Français (ô joie) Poni Hoax peuvent être vus comme les Bloc Party d’ici (« She’s on the radio »), comme de sérieux concurrents de Miss Kittin ou Mirwais (« Budapest » est aussi puissant que « Frank Sinatra » ou « Naive song ») ou comme une rencontre entre les machines de Plaid et la classe de Roxy Music (« Carrie Ann ») ou comme du rock à danser (« Involutive star »). Mais on a déjà aligné bien trop de références pour qualifier ce disque singulier. Poni Hoax devraient plutôt être considérés pour ce qu’ils sont par eux-mêmes : c’est à dire l’une des plus belles choses qui soit arrivé à la musique dans notre pays. Car si Laurent Bardainne, la tête pensante du groupe, a l’art et la manière de trousser des mélodies qui collent à la peau comme une combinaison latex sous le soleil de juillet, Nicolas Ker, la tête chantante de Poni Hoax a plus d’un tour dans son sac. S’il a un timbre parfois proche de Jim Morrisson (« I shall take it anyway »), il fait son Ian Curtis comme personne : sa voix sépulcrale jette un voile noir du plus bel effet sur les compositions de ce groupe décidément très prometteur.

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Jean-Marc Grosdemouge

Poni Hoax « Poni Hoax », 1 CD (Tigersushi/Discograph), 2006

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