Toure Kunda "Turu"

   C’était bien avant Real World, bien avant le tube « Yéké Yéké » de Mory Kanté, bien avant que la France ne se passionne pour les Cesaria Evora ou les Compay Segundo. A Paris, il y avait bien Nova, mais en en province. Du tiers-monde, on connaissait bien Bob Marley, son prophète, ou Fella est ses excès.

toure_kunda turu   Dans ces années 80 où le métissage s’affichait moins dans les rues et les média, les premiers à populariser ce qui devait devenir la « world music », furent les frères Touré, Ismaë, Sixu Tidiane et Amadou, connus sous le nom de Touré Kunda (famille éléphant). Ces trois Sénégalais (venus de Casamance) ont débarqué l’un après l’autre France pour faire goûter au pays leur musique et pour prouver à ceux restés en Afrique qu’il était possible de devenir des musiciens professionnels, et que la musique africaine pouvait intéresser d’autres populations que celle d’Afrique.

   Mélodie réédite cet album sorti en 81 et force est de constater que la musique de Touré Kunda, instinctive, enjouée, n’a pas pris une ride. Les percussions, les choeur, le swing propre au continent africain, rien n’a bougé. En fait, ce ne sont pas trois personnes mais sept qui ont enregistré cet album, puisque que le guitariste Jacky Arconte, le clavier Jean-Claude Bonaventure, la bassiste Chico Dru et la battrie de Denis Hekimian se joignent aux Touré. Ces sept là enregistrent un album comme on fait de la cuisine.

   C’est chaud et épicé, ça tient au corps mais ça n’alourdit pas et on peu danser. Aujourd’hui Touré Kunda, reconnu à dans le monde entier, et ayant survécu à la mort d’Amadou (en janvier 1983) continue son chemin, publiant des albums avec régularité. Les découvrir sur leur deuxième album donne envie de connaître la suite de l’histoire.

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Jean-Marc Grosdemouge

Toure Kunda « Turu », 1 CD (Celluloïd/Mélodie), 2003

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