Red "33"

   A la manière du chanteur américain Tom Waits ou du guitariste Marc Ribot, habitué des expérimentations, le lillois Olivier Lambin pratique un blues décharné, habité, parcouru de petites secousses téluriques, qui ne s’interdit pas de toucher parfois à l’électronique (la voix vocoderisée sur « Life is great »).

33   « 33 », n’est pas le premier enregistrement de Lambin : l’homme a déjà sorti des disques avec un groupe dont il a fait partie, La cuve, et si l’on s’en tient à sa carrière solo, cet opus fait suite à « Felk » et « Songs from a room », sortis tous deux en 2001, et son titre fait référence à l’âge de Lambin lors de son enregistrement. Un enregistrement auquel ont collaboré (Akosh S.->452], Noël Akchoté, Herman Dune, ou Thomas Belhom (la moitié d’Amor Belhom Duo).

   Lambin, un homme roux qui a fait de sa particularité capilaire tant moquée son nom de guerre, possède une voix qu’on devine peaufinée par de nombreuses années de cigarette. Son chant a des accents de Shane Mc Gowan, l’incroyable chanteur des Irlandais The Pogues, et si la guitare évoque parfois la country américaine de Will Oldham, ou la guitare de mark Kozelec, Red n’a pas le goût de la plainte si présent sur les albums de Palace ou Red House Painters. On ne savait pas encore qu’il y avait en France capable d’aller titiller l’australien Nick Cave sur son terrain. Bonne nouvelle que cette mauvaise graine-là.

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Jean-Marc Grosdemouge

Red « 33 », 1 CD (Rectangle/Universal Jazz), 2003

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