(Re)naissance d'une vocation

Plume

Je n’ai pas choisi l’image de cette plume par hasard : si j’ai pendant quelques années vécu de ma plume, j’ai aussi pendant longtemps écrit à la plume, et lorsque j’étais collégien, lycéen, mais aussi sur les bancs de la fac, il n’était pas rare que le bord de mon index droit soit un peu bleuté.

Aujourd’hui, j’écris principalement sur mon clavier d’ordinateur, je griffonne au stylo sur des carnets (j’en ai toujours un sur moi) et je rêve devant les vitrines de Montblanc en regardant leurs si beaux stylos-plume. Dès que je signerai un contrat, je me le promets, je craquerai pour une de ces Rolls Royce de l’écriture.

Quand naît une vocation ?

Il est bien difficile de dire quand vous vient l’envie de faire un métier. La plupart de mes amis et mes collègues à qui j’en ai parlé me disent qu’ils en ont une idée assez floue : quelque chose qui s’est insinué en eux au fils des mois et des ans, « je me verrais bien… »

Pour ma part, j’ai la chance de me souvenir très précisément de mon envie d’écrire. Cela se passait à la maternelle, dans le village de Servance. La maîtresse s’appelait madame Colle et nous faisions des activités manuelles. L’alphabet n’était pas encore au programme, mais déjà je brûlais de savoir former des lettres. Je voulais écrire un livre.

J’eus alors l’idée de demander à la maîtresse si elle voulait bien écrire pour moi dans un grand cahier, les phrases que je lui dicterais. Elle voulut bien me rendre ce service. Une fois mon histoire écrite, je lui demandai de me relire la phrase qui figurait en bas de chaque page, et j’illustrai chacun des phrases par un dessin.

Plus tard, je rédigeai des journaux hebdomadaires à l’attention de mes parents. Puis j’écrivis dans le journal de mon lycée (il avait un drôle de nom : « La Bavure »), et quittai la Franche-Comté pour Nanterre où je rédigeai un mémoire de maîtrise d’histoire sur la presse yéyé, avant de commencer à rédiger dans la presse écrite mais aussi sur le web… Comment vous dire l’émotion que j’ai eue les deux fois où je suis allé acheter « Le Monde » ) à 17 heures en sachant qu’un article signé de mon nom, y figurerait ?

Tours et détours

Après avoir vécu de ma plume en multipliant les jobs alimentaires mais aussi les expériences en radio (une autre passion), j’ai fait un détour par le marketing terrain entre 2012 et cet été. Un licenciement économique m’a permis d’ouvrir une nouvelle phase de ma vie, sinon de ma carrière, en commençant un bilan de compétences. Et il en est ressorti que je crois au plus profond de mes tripes que je dois revenir à l’écriture. Elle ne m’avait jamais quitté mais ses appels ces jours-ci se font de plus en plus incessants.

Comme mon CV est peut être un peu impersonnel, et comme c’est en forgeant qu’on reste forgeron, et comme ça fait quelques semaines que je n’ai pas publié sur Linkedin, j’ai eu envie de partager mon histoire d’écriture avec vous, par ces quelques mots. En espérant que cette période un peu bizarre entre Noël et Nouvel An vous trouve en pleine forme, amis et connaissances du réseau, disposés à m’accorder un peu de temps.

Arthur Rimbaud

Sous mon sapin de Noël, les œuvres complètes de Rimbaud se sont glissées. A le lire, je me dis avec une pointe d’effroi « si ce garçon était notre contemporain, à la maternelle, on lui donnerait peut être de la Ritaline, on le classerait hyperactif, il resterait peut être à Charleville, et ferait un travail qui l’ennuie ». Quel gâchis ce serait !

Je n’ai pas la prétention de me croire poète aux semelles de vent. Mon Charleville s’appelle Servance, c’est un joli petit village au creux des Vosges Saônoises. Je l’ai quitté il y a bien longtemps. Je porte des tas de livres en moi, j’ai fait des tas de jobs intéressants, des boulots ennuyeux aussi, et l’envie des mots ne m’a jamais quitté. Si vous avez besoin d’embaucher quelqu’un pour écrire, maintenant vous savez qui je suis, au delà de l’énoncé factuel de mon CV.

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