Si "Exodus" m'était conté…

   L’histoire d’un album légendaire, dont la célébrité a largement débordé au delà du cercle des amateurs de reggae.

exodus   En Décembre 1976, alors que la Jamaïque est en proie à des tensions politiques et sociales, Bob Marley, qui vit sur les hauteurs de Kingston au 56 Hope Road, dans le quartier huppé, échappe au pire lors d’une fusillade qui se déroule chez lui. A quelques jours d’un concert événement, il n’a pas changé ses habitudes : chacun peut se présenter chez lui, car même s’il est une star, il tient à rester accessible à tous.

   Choqué par cette intrusion de violence sous son toit, Marley donnera bien le concert prévu, mais lui et ses Wailers décident de partir. Cuba est écartée, car la ganja n’y est pas disponible pour cause de blocus, et c’est finalement Londres, où sont situés les locaux du label Island, qui est choisi. En janvier et février 1977, alors que la capitale britannique résonne de l’explosion punk, Marley y enregistre l’abum « Exodus ». C’est à la fois une référence à l’exode volontaire de Marley, loin de son île, et un clin d’oeil au retour en Ethiopie, terre sacrée des rastas. L’aide au retour en Afrique faisait notamment partie des promesses (non respectées) du président jamaïcain, Michael Manley. Les témoins racontent l’enregistrement, la tournée du groupe à travers l’Europe puis le retour de Marley au bercail, et c’est Linton Kwesi Johnson lui-même qui se charge d’analyser les textes de ce qui est considéré par « Time Magazine » comme le meilleur album de XXe siècle. Marley, secoué par les événements, redouble de foi dans ses paroles et signe l’album qui lui ouvre les portes du succès aux Etats-Unis.

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Jean-Marc Grosdemouge

Richard Williams « Exodus, les 30 ans », E.P.A., 2007, 144 pages. Contient le CD de l’album de Bob Marley.

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