Saint Etienne "Finisterre"

  Déjà plus de dix ans que Saint Etienne charme les oreilles des connaisseurs. Des connaisseurs et c’est tout… et pourtant, depuis « Join our club » (belle invitation pourtant), les occasions n’ont pas manqué à Sarah Cracknell et consorts d’éclater aux yeux d’un large public.

finisterre cd   Hélas, hélas, hélas. Mais rassurons-nous. Avec cet album pop pimenté d’un soupçon d’électronique (un virage entamé depuis quelque temps par le groupe), la consécration est proche. Ou alors c’est à désespérer. Car le groupe est à son top niveau, enchainant des ballades pop toutes aussi ravissantes les unes que les autres (les titre un peu disco « Action » ou « Amateur » par exemple). Les ambiances choisies pour servir d’écrin aux chansons sont souvent savoureuses, comme sur le très onirique « Language lab », morceau instrumental qui s’enchaîne avec « Soft like me. »

   Sur ce dernier morceau, la chanteuse, chose surprenante, rappe les couplets. Mais on est toujours dans de la pop. Déconcertant, mais agréable. Retour à des ambiances plus normées avec « Summertime » et son piano très pop. Un piano très présent sur « Stop and think it over », une chanson qu’aurait pu chanter Petula Clark en pleine période de swinging London. Et quand on s’aperçoit que, dans le rayon atmosphères délectables, l’un des plus beaux morceaux de l’album est le très électronique « The way we live now », on mesure bien le chemin parcouru par les anglais. Electronique soyeuse également pour « New thing », et pour tout l’album en général. Ambiance eighties plus dicutable en revanche sur la fin avec « B92 », vite compensée par « The more you know » et sa basse cotoneuse, ses rythmiques de jungle préssurisée, puis le vitaminé « Finisterre. »

   Souvent en musique, c’est comme en cuisine : la réussite est une affaire de dosage : chez Saint Etienne, les ingrédients sont frais, il y a de la quantité, mais tout est bien proportionné… Copieux mais pas lourd, ce « Finisterre » est un album qui tient au corps, de la cuisine d’amoureux des fourneaux qui ont pas mal testé leur recettes avant de présenter les plats. Il est temps de décerner trois étoiles à Saint Etienne.

***

Jean-Marc Grosdemouge

Saint Etienne « Finisterre », 1 CD (Mantra Recordings/Beggars), 2002

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *