Sanseverino "Live au Théâtre Sebastopol"

Stéphane Sanseverino est quelqu’un qui aime se donner quand il monte sur scène. Alors, tant qu’à enregistrer un DVD, il délaisse Paris pour Lille, puisque c’est bien connu, si les gens de là-bas « ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor », ils sont en tout cas un public dont la réputation de chaleur n’est plus à faire.

Sanseverino_live200   Il y a quelques années, on a vu Stéphane sur scène en compagnie de Shirley et Dino. Son univers à lui (à découvrir aussi sur le reportage « La victoire en chantant », puisque le DVD est double) est aussi un peu rétro, mais traité de ma nière moderne, un peu comme le faisaient les Négresses Vertes à leurs début. Sansévérino, c’est le légendaire Django et la pompe manouche à la guitare, Boris Vian (« La java des bombes atomiques »), Reggiani (« Il suffirait de presque rien ») ou François Béranger (« Le tango de l’ennui »). S’il chante « Anastasie, l’ennui m’anesthésie » lors de son rappel, à aucun moment Sansévérino de frôle ne serait-ce qu’une minute l’ennui.

   La seule anesthésie qu’on souhaite, c’est celle que prodigue le dentiste dont on nous narre le travail dans « Les bourre-pâtes et les tire-nerfs. » S’il a le swing (il le démontre à chaque titre avec son groupe), ce n’est pas le « Swing du nul ». Car Sansévérino, véritable comique, fait swinguer l’enterrement de sa grand-mère, le « dormeur du val » de Rimbaud (qu’il rescussite), les embouteillages, et sa Frida n’appartient pas aux « gens-là » de Jacques Brel. Avec ce titi gouailleur aux racines italiennes, manouches, françaises, et profondément humanistes, on rit, on est émus, et l’on savoure cette manière si particulière qu’il a d’amener le public à le suivre au coeur de son délire… Il faut notamment le voir raconter comment André Ballaneo essaie de dissuader sa femme Nicole d’acheter un manteau de fourrure. Retrouvant les accents du music hall d’autrefois, il mime les bestioles, et la manière dont quatre chasseurs viennet les capturer.

   Ce spectacle, aussi haletant que long (notre homme n’est pas du genre à se contenter du minimum syndical) se regarde si bien qu’il n’y a rien à dire au final, sinon « michto ». Ce qui en gitan veut dire : « c’est bien ! »

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Jean-Marc Grosdemouge

Sanseverino « Live au Théâtre Sebastopol », 1 DVD (Saint George/Sony Music), 2005

 

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