Schneider TM "Zoomer"

La pop électro, on connait depuis quelques temps. Les Français (Mirwais, par exemple) sont fort bien représentés dans ce genre. Mais l’électro-pop, voir l’électro-folk, c’est à dire des chansons pop ou rock construites avant tout comme des morceaux électro, et non comme des chansons à guitare sèche sur lesquelles on rajoute un peu d’électro, eh bien ça, ce n’est pas courant.

schneider zoomer   Et pourtant des gens s’y essaient : l’Allemand Maximilian Hecker, auteur d’un premier album sur le label berlinois Kitty Yo ce printemps, par exemple. Mais c’est Schneider TM qui raffle la mise en cette rentrée. Dès les premières notes de « Reality check », la guitare est traficotée, la voix vocoderisée. Voix non traitée, mais architecture rythmique bluffante sur « Frogtoise », le tube électro de cette rentrée, comme l’a été il y a un an « The light 3000 » (reprise de « There is a lignt that never goes out » sur un mini album intitulé « Binokular. ») Comment un titre torturé comme « Abyss » arrive-t-il à nous toucher autant alors que les machines y sont omniprésentes ? Mystère et boule de gomme ! L’introduction de « DJ Guy ? » pourrait rendre méfiant s’il s’agissait d’un autre, mais c’est la quatrième chanson de l’album et l’on a l’occasion de se rendre compte que chez Schneider TM, il n’y a pas de bizzarie gratuite : les arrangements farfelues servent chaque titre. Petite baisse de régime sur « Turn on » (paroles de Max Turner) et « Hunger », « la faim » en allemand), mais retour en force avec le tourbillon « 999 » et conclusion robotique et hypnotisante sur « Cuba TM ».

L’Allemand Dirk Dresselhaus, aka Schneider TM signe peut-être avec ces huit titres là l’album fondateur de l’électro-pop. Le grand disque que ce genre attendait pour enfin devenir reconnu (même « Télérama », qui n’est pas toujours un magazine des plus aventureux, a craqué). Plus prolifique de Kraftwerk, plus accessible que The Notwist, Schneider TM est l’artiste électronique qui compte en ce moment en Allemagne… et dans nos coeurs.

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Jean-Marc Grosdemouge

Schneider TM « Zoomer » (City Slang/Labels), 2002

 

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