Sigur Ròs "( )"

   Retour réussi pour le groupe islandais, après l’album « Agaetis Byrjun » qui les a fait connaître. Cet album n’a pas titre, mais n’est pas sans mérite, loin s’en faut. C’est même une parenthèse enchantée.

Sigurros()   Question : à quoi pouvait bien penser Bernadette Soubirous au soir de la première journée où la vierge lui est apparue ? Et à quoi penseriez-vous, si un jour votre ange gardien venait vous taper sur l’épaule ?

   Vous vous demanderiez : le miracle va-t-il se reproduire ? Eh bien, la question se pose avec Sigur Ros, dont le premier album a enchanté quelques unes de nos nuits d’insomnie depuis qu’on l’a découvert…

   Cet album, sans titre, sans notes de pochettes (vous êtes invités à les écrire vous-même), presque blanc immaculé, enregistré dans une piscine désaffectée proche de Reykjavik, reconvertie par nos Islandais, est conforme à la haute idée que l’on se fait de l’art divin de Sigur Ròs. Leur musique est toujours habitée par un climat de quiétude et la voix surnaturelle de Jonssi.

   Comme il serait incongru de vous parler de « la plage 4 » ou du « morceau 6 » (ce qui confirme ce que disent les amateurs de vieilles galettes : avec le vinyl, on retient le nom des chansons, avec le CD, on retient le numéro), nous vous invitons tout simplement à goûter par vous-même et au plus vite cette expérience sonore inédite.

   Nous n’en dirons pas plus pour que vous soyez vierges de toute référence au moment d’enclencher la lecture, sinon que oui, le miracle qu’on avait connu sur « Agaetis Byrjun » s’est reproduit. Allez annoncer la bonne nouvelle : cette parenthèse-là est enchantée.

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Jean-Marc Grosdemouge

Sigur Ròs « ( ) », 1 CD (FatCat/PIAS), 2002

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