Sojo Glider "Man Sleeps To Forget"

   En lieu et place de « Un homme dort pour oublier », Sojo Glider aurait pu intituler son album » Un homme a besoin de dormir ». En effet, lors de l’enregistrement de son troisième album, le quartet emmené par les frères angevins Arno et David Sojo a du batailler ferme contre les voisins qui préféraient dormir la nuit plutôt que d’entendre leur rock sortir du studio d’enregistrement.

3700447802591xr   C’est à New-York, en compagnie de Malcom Burn (Iggy Pop, Patti Smith) que Sojo Glider avait décidé de se poser pour créer le successeur de « Tales from the Urban Constellation » et « Vibrating & Amplified », mais on sent également sur ce disque les influences d’une pop anglaise fantasmée. Peut-être est-ce pour cela que même si les guitares crissent parfois, il y a beaucoup de retenue dans ce rock classe. Ou peut être en hommage à quelques groupes anglais qui, comme eux aujourd’hui, avaient compris qu’il vaut mieux se concentrer sur la préciosité des mélodies que de lâcher les chiens : Epic Soundtracks, It’s immaterial, Talk Talk, ou Prefab Sprout.

   Cet album dénote sacrément dans le rock français par sa hauteur de vue, et par son refus de jouer l’esbrouffe, de ne pas s’aligner dans cete course débile qui consiste à faire monter les vUmètres au maximum, laissant ce genre de délire à d’autres, bien moins lettrés qu’eux, comme par exemple Kyo, qui vient tout juste de separer, par exemple. Avec Sojo Glider, on est un cran, voire deux, au-dessus du rock français habituel. D’ailleurs, si l’Eurostar a considérablement rapproché la France et l’Angleterre, on voit aussi -et c’est nouveau, des frenchies faire aussi bien que les britons sur le propre terrain.

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Jean-Marc Grosdemouge

Sojo Glider « Man Sleeps To Forget », 1 CD (Jackslams), 2008

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