Stephan Eicher "Hôtel S"

   Il fallait bien que ça arrive : Stephan Eicher a sorti son premier album en 1979, on a commencé à entendre parler de lui de ce côté-ci des Alpes vers 1987, et il empilé tant de tubes qu’il était tentant de les compiler.

eicher cd   Puisqu’il est grand amateur d’hôtels (certains albums ont été enregistrés dans des chambres de palaces), c’est à une visite de chaque chanson qu’il nous convie, comme s’il s’agissait d’une chambre. Chaque chanson est commentée par Stephan lui-même dans le livret. Un joli livret qui décrit l’ambiance cosy que Stephan apprécie : divans moelleux, moquettes épaisses, salles à manger aux nappes impeccables.

   On visite donc les chambres de cet « Hôtel S », et l’on constate que l’on connaît la plupart des chansons qui y logent : on pourrait dire de certaines, comme dans « Tu ne me dois rien « , qu’elles ont sur notre humeur encore des effets gênants. Il y a les très new wave « Chanson bleue » et « Too People in a room », puis celles de sa période « à corde » (« Combien de temps », « Déjeuner en paix », et une inédite : « Elle vient me voir. » Il y aussi celles, moins connues de son album de 1999 (le dernier publié chez Barclay), où il mariait des orchestres à cordes dans une veine très shellerienne avec des beats jungle (« 1000 vies », « Oh ironie »). Même si quelques chansons eicher jmgont une tonalité plus rock (à laquelle les mots de Philippe Djian collent parfaitement :

   « Des hauts, des bas », « Ni remords ni regrets » par exemple), cette compil révèle principalement un artiste pop, qui connaît le succès public sans pour autant céder à la facilité. En effet, même s’il a récemment signé avec « Venez danser » un airplay imparable, une chanson mêlée de cornemuse (celle de Ronan le Bars) à une époque où c’était très à la mode, on n’oublie pas qu’il a chanté en suisse allemand (courage ? non, sincérité !), ce que jamais personne n’avait fait avec autant de succès avant lui. Des chansons aux titres aussi râpeux que « Hemmige », et « Guggisberglied » sont là pour le rappeler…
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texte et photo : Jean-Marc Grosdemouge

Stephan Eicher « Hôtel S », 1 CD (Electric Unicorn/Virgin) 2001

 

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