Stop à la rapidité creuse, vive la slow adrenaline

   Toujours plus vite, toujours plus mal ? Et quid de l’épanouissement ? Ralentissons, retrouvons du lien humain, faisons nous plaisir sainement… Vive la slow adrenaline.

   Notre monde va de plus en plus vite. La publicité, les médias, le marketing, nous poussent à tout faire tout de suite, et de plus en plus vite. On essaie de nous faire croire qu’on veut de l’instantané, des duplex, des multiplex, amasser, puis jeter, se soûler de signes, mais finalement qu’est-ce qui fait sens ?

   On connaissait le fast food, eh bien maintenant même le divertissement, vous savez ce plaisir de ne rien faire, mais le divertissement est touché avec le speed-watching (voir l’article de France Inter sur le sujet).

   Ainsi donc la culture au sens de butiner, savourer, se détendre laisserait la place à une consommation culturelle basée sur la gloutonnerie et la solitude… et ce serait-là serait le signe progrès ? On croit rêver. J’ai au contraire l’impression d’avoir affaire à un comportement d’addict : multiplier les doses, augmenter la fréquences des prises. Tu te shootes à quoi toi ? En ce moment c’est Netflix en snif. Avant j’étais CanalPlay en injection, mais j’ai diminué, je dormais mal la nuit…

   On pourrait faire ça avec les romans aussi. « Germinal » de Zola en speed readng : Etienne Lantier arrive dans une ville de mineur, il loge chez des gens. leur fille Catherine lui plait bien. Il lance la grève. Mais ça foire, y’a des morts. Il repart tout seul. Il a même pas épousé Catherine. Fin de l’histoire les enfants. On se brosse les dents et au lit ! C’est vrai les tartines de tonton Emile sur les paysage, c’était rasoir. Là on comprend tout bien ce qu’est-ce qu’il dit.

   Le progrès ne consiste pas à avaler vingt épisodes d’une série TV sans sortir de chez soi. Le progrès, c’est regarder une série avec ses amis, passer un bon moment ensemble, échanger, débattre. On n’est pas forcé de se recevoir l’un l’autre pour vivre la visionnage ensemble. Si c’est compliqué (grande distance, horaires compliqués), pourquoi ne pas commencer à visionner sur le Net chez soi une série mais pas seul, avec ses amis ? Le virtuel permet cela : toi et moi on commence « Orange is the new black » tel jour, et on regarde 2 à 3 épisodes chaque jour, pas plus, histoire de garder le même rythme et chaque jour, par sms ou sur Messenger, on se raconte ce qu’on en pense ?

Ça c’est SLOW ADRENALINE.

Dans un monde en perte de repères, en quête de sens, où le marketing cherche parfois à flatter les pulsions autodestructrices des consommateurs, la slow adrenaline, c’est prendre de le temps de :

faire quelque chose qui fait du bien :
faire quelque chose en relation avec les autres
faire les choses à son rythme
savourer la fluidité
s’autoriser la spiritualité

Ainsi donc

1 – je fais quelque chose qui me fait du bien (regarder une série TV)

2 – en relation avec les autres (j’invite des amis à la regarder chez moi ou alors chacun regarde de son côté et on s’en parle)

3 – à mon rythme

4 – dans la fluidité (« t’es déjà à l’épisode 26 ? moi seulement 14… si tu veux, je vais jusqu’à 6 et on en discute, mais me spoile pas »)

5 – et cette série donne à méditer (moi, à tel moment ça me fait penser quand mon père est mort, et aussi au livre de untel. Tu l’as pas lu ? je te le prête…)

C’est quand même autre chose que de s’enfiler vingt épisodes d’une traite, tout seul, avec chips et coca, puis s’endormir comme une masse…

 

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