Swell "Everybody wants to know"

   Cela fait déjà quelques années qu’on suit la carrière peu médiatisée de Swell, combo San Franciscain, pratiquant un rock à la ramasse mais somme toute très classe. Et même si « Too many days without thinking » ou « For all the beautiful people » se sont souvent hissés dans les classements de fin d’année des magazines (ceux qui récompensent les albums marquants), Swell ne s’est jamais imposé définitivement dans nos cœurs : on les voit peu sur scène alors qu’on court voir Grandaddy, synonyme du cool. Et leur style est aussi insaisissable que déroutant.

swell cd   Cette façon de jouer ni lente ni rapide, un peu « rock steady » mais avec des crampes, peut lasser. Ce chant ni posé ni ample, qui traîne tout en avançant par saccades, ne convainc pas tout à fait. Mais Swell sait déployer des trésors mélodiques qui font passer le reste. Bref : ceux qui ont aimé les précédents opus, se jetteront sur l’album pour y retrouver ce qu’ils connaissent déjà, ni mieux ni moins bien qu’avant. Mais ceux qui ne connaissent pas ?

   Il faut pouvoir pénétrer l’univers d’un groupe. Swell ne sait pas toujours se rendre accessible. Les néophites hélas n’auront pas avec « Everybody wants to know » la clé pour entrer dans le monde de Swell. Il manque à ce groupe un album assez ouvert, assez pop pour conquérir les cœurs sans renier la patte « swellienne ». On attend que, comme les Flaming Lips avec « The soft bulletin » ou Mercury Rev avec « Deserter’s song », Swell veuille bien s’adresser au monde et sortir de son chez soi pour partir à la conquête des foules. Bref, le groupe cultive son lopin sans chercher à l’agrandir … Certains achèteraient de l’engrais et passeraient à une culture extensive mais raisonnée … Non, Swell ne connaît que les vieilles méthodes, et préfère l’autarcie : on produit peu, mais toute la petite famille en vit, c’est l’essentiel. Pour l’agrandissement de la propriété, c’est raté pour cette fois ci.

   Mais avec ces artisans du son qui livrent régulièrement leur nouvelle production, ne doutons pas qu’un jour arrivera l’album qui entrera dans les charts aux plus hautes places et fera d’eux les plus gros propriétaires terriens du coin.

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Jean-Marc Grosdemouge

Swell « Everybody wants to know », 1 CD (Beggars Banquet/Swell), 2001

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